Les remparts de Taroudannt Nous n’avons pas entendu le muezzin (pourtant notre voisin). Un rai lumineux m’annonce que le jour est déjà levé. Je m’installe dehors bien décidée de profiter de notre jardin. Latifa cueille les oranges du petit déjeuner. Elle nous a fait des crêpes épaisses que je noie de miel.
Le soleil est encore bas quand nous faisons un tour des murs de Taroudannt, trop d’ombres pour les photos. Par en droit ils s’effondrent. Les Roudanis (habitants de Taroudannt) sont fiers de leurs remparts et en prennent soin. Une extrémité de la ville est un étrange champ raviné où l’argile stérile est parcourue de rigoles très profondes comme des ruines.
Il est 9 heures, les rues sont encore désertes, les commerçants balaient devant leur porte. Au souk berbère on répand des cruches d’eau sur la poussière. Nous entrons dans une boutique de téléphonie moderne. Le prix de la réparation du téléphone sera de 80 dh. Je suis interloquée, je m’attendais à beaucoup moins. Est-ce la peine de faire réparer ? C’est un appareil basique. Peut être est ce préférable d’en acheter un neuf. Dominique ne m’est d’aucune aide. Elle n’a pas compris que je cherche à faire baisser le prix, elle déclare que 80 dh, ce n’est pas cher. Le souk est vide et n’offre aucun intérêt. Des lycéens convergent vers leur établissement près de la Kasbah. Certaines filles sont tête nue (une minorité 1sur 3 ou 1 sur 4) comme chez nous ils ont tous des téléphones portables. Garçons et filles forment des groupes animés.
Porte de la Kasbah, l’avenue est plus soignée, il y a des trottoirs, des bancs, des arbres d’alignement, une rangée de palmiers, des petits kiosques. Dans ce secteur les remparts sont doubles. De la terrasse en haut des murailles nous avons une très belle vue sur l’Atlas enneigé. Dans un recoin, 5 lycéennes sont perchées. L’une d’elles porte un grand châle orange, une tunique blanche sur un pantalon orange, ses copines ont des foulards clairs bleu blancs ou verts pâle. La plus sérieuse a délié un journal. Des garçons escaladent les créneaux, ils se photographient avec leurs téléphones à quelques distances des filles qui se mettent à chanter en chœur.
Pendant que je dessinais, Dominique a étudié le plan de Taroudannt. Nous trouvons facilement le cybercafé (3dh/l’heure) toujours pas de journaux français.
Au parking, un jeune nous persuade d’aller visiter une coopérative d’huile d’argan. C’est un traquenard. Trois femmes tournent le moulin de pierre, pétrissent mais c’est une boutique pour touristes.
La vie de château Latifa a encore fait des salades toutes différentes de celles d’hier et parfumées. Ce sont les carottes qui ont le prix. Nous demandons la recette. Couper en dé, les faire revenir dans l’huile avec les épices mélangées : cumin, gingembre, coriandre sans ajouter d’eau. Ensuite, boulettes de viande hachées (je préfère les miennes) dans un plat à tagine nappées d’une omelette. Recette : hacher l’oignon et le tomate fraîche pelée, ajouter la viande quand la sauce épaissit. Battre les œufs au dernier moment. Dans le plat à tagine cela ressemble à un clafoutis (les bouettes ont la taille des cerises). Pour finir salade de fruits à la cannelle.
Nous avions prévu de passer l’après midi à la piscine de l’Hôtel Salaam. Nous sommes tellement bien dans notre jardin que nous n’avons plus envie de sortir. Dominique s’installe dans un transat et je reste à la table plus pratique pour écrire et dessiner Seuls les oiseaux troublent le calme avec leurs chamailleries. Une pluie de feuilles et de fleurs du pamplemoussier tombe sous leur chahut. Un couple de merles se perche sur la branche la plus rouge du bougainvillier.