Il faut 2 jours de marche ou de cheval pour rejoindre Huamachuco. A partir de Marcabal, les hautes Andes s'imposent. Le paysage gagne en magnificence et le chemin Inca poursuit sa route seul, loin de la route en terre. Il passe par le village de Carabamba avant de descendre dans la vallée du rio Grande. Non loin de Huamachuco, le site archéologique de Wiracochapampa (la plaine des cavaliers), une cité probablement Inca jamais habitée. Les ruines s'étalent sur plusieurs hectares au milieu de champs cultivés, ouvertes à tous et envahies de hautes herbes. Il est difficile de deviner la fonction de ces murs. Ça et là, un canal, des centres administratifs, un bâtiment circulaire et une magnifique perspective de la route Inca (attention toutefois à la fausse reconstruction d'un temple cérémoniel par le maire de la ville, bien moderne celui-là...). Heureusement, nos petits amis, - les enfants du village – nous montrent le chemin !
Nous pénétrons dans Huamachuco de nuit. La ville n'est pas forcément belle mais nous nous y sentons bien tout de suite. De petit village elle a grandi rapidement pour devenir une vraie ville, nourrie par des population fuyant le terrorisme du Sentier Lumineux dans les dernières décennies du 20ème siècle. D'où ce sentiment d'une cité mal structurée dans des habits trop grands. L'année passée, seul 49 touristes y sont venus alors que la région est magnifique, sans compter la présence du site de Markahuamachuco, une véritable Machu Pichu du Nord, citadelle fortifiée pré-inca perchée en haut de sa montagne. Deux rues anciennes aux maisons coloniales non restaurées, la
calle 5 Esquinas et la
calle Real, voilà tout ce qui fait cette ville. La plaza de Armas a une taille démesurée pour Huamachuco. Elle semble vide.
Le hasard de notre voyage nous plonge en pleine semaine sainte. Nous assistons à une procession étonnante : une mise en scène grandeur nature dans toute la ville de la crucifixion du Christ, avec acteurs (romains, esclaves, apôtres...), sono tonitruante et nasillarde reproduisant les coups de fouet et l'agonie des crucifiés sous une musique de péplum tirée d'une bande son allemande ! Un tantinet didactique, comme s'il fallait donner une leçon aux foules venues des lointaines campagnes environnantes, le Christ, lui, a décider de "surjouer" son rôle sous l'oeil photographique d'Aurelia...
Aurélia et Sébastien