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Crée le 20/02/07
Dernière modification le 29/08/07
Rencontres et portraits glanés sur la grande route Inca, de Quito à Cuzco
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Guido nous parle de sa musique. Longuement. Il nous joue de la kena, cette flûte traditionnelle la plus complète que les incas connaissaient : 7 notes, 3 octaves, des demi-tons. Cet instrument, le plus souvent en bambou, produisait des sonorités très douces. Avec le pinkuyllu, une flûte rudimentaire de forme plus longue, la kena accompagne encore aujourd'hui les fêtes religieuses andines dans tout le Sud du Pérou et la Bolivie. Elle existe toujours car c'est un instrument d'accompagnement des danses rituelles et traditionnelles. Surtout, ses airs tristes ont été adoptés dans les lithurgies de l'église coloniale espagnole : seuls des textes en adoration au Christ ou à la Vierge y on été ajoutés. Mais c'est ainsi que des airs précolombiens non écrits ont été conservés. D'autres musiques sont en voie de disparition, de moins en moins pratiquées. Les "huaynos (Wayñus)", plus joyeux et festifs, ou les "harawis", mélodies très tristes accompagnant des rituels spécifiques, comme des funérailles ou des travaux des champs.
Guido pourrait continuer ainsi longtemps tant il semble animé par sa passion. Il évoque à de nombreuses reprises le pélerinage du Qollor Rit'i, le "Seigneur de la neige resplendissante", où nous nous rendrons en Juin. Etrange rendez-vous qui se dessine entre nous trois, à 5000 mètres de hauteur, sous les cîmes d'un glacier sacré ! Nos chances sont minces de nous rencontrer parmi les 300 000 pélerins, mais retrouver une connaissance, aussi brêve soit-elle, lors de cet évènement unique dans les Andes nous parait soudainement essentiel. Connexion importante dans notre constellation andine, sous un air de Kena.