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 Carnet de voyage – miriam
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Bénin Créteil/Pobé , Bénin, correspondance scolaire, échanges et tourisme... Dans ce carnet :
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Crée le 02/05/07
Dernière modification le 22/01/08

Apprès un séjour de découverte  du Bénin l'an passé, j'ai entraîné une équipe de collègues dans l'aventue d'un jumelage avec un collège béninois. Deux semaines de rencontres et bien sûr de visites

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 Ouidah, jour de Pâques - Bénin

Temps couvert.

Le départ s’éternise. les autres n’en finissent pas de se préparer. Je n’ai pas l’habitude de voyager en groupe et s’attendre les uns les autres m’agace. Thierry attend déjà depuis une heure que Damien s’attarde à prendre des photos. J’en perdrais mon flegme. Patience, nous sommes en Afrique !

Route des Pêches

     Le soleil fait une brûlante sortie juste après Hio, le premier village de pêcheurs. Je me tartine de crème solaire dans la voiture. La route des Pêches est inondée. Thierry contourne les grosses flaques. Les roues du taxi s’enfoncent dans le sable sec sans patiner. Notre chauffeur connaît bien sa piste. Deux grands pirogues sont pavoisées au couleur du Bénin et aussi avec un drapeau rouge blanc et noir. Quel état représente ce dernier drapeau ? Ce sont les couleurs du fétiche du village. Nous allons beaucoup entendre parler de fétiches à Ouidah. Les villages de pêcheurs sont très calmes : les gens sont à la messe de Pâques. Des animaux divaguent. Sur les plages on se prépare à faire fête. La piscine des jardins brésiliens à l’entrée de Ouidah est déjà pleine de monde.

Fort Portugais

    Nous faisons les mêmes visites que l’an passé en commençant au Fort Portugais. Je suis plus réceptive à l’histoire. Les agrandissements des gravures représentant la vie à la cour des Rois d’Abomey me parlent plus. L’an passé tout était exotique, étranger. Trop de nouveautés à assimiler. Je regarde le cérémonial avec un autre regard. Je me souviens des vastes cours des Palais d’Abomey. Le groupe des épouses me rappelle la visite au Palais Honmé de porto Novo…Je regrette encore ici de ne pas emporter d’images pour faire le diaporama sur l’Esclavage avec les élèves.

Forêt sacrée

     Logiquement, la visite se continue à la Forêt sacrée (ouverte aux touristes depuis Ouidah 1992). Le guide me reconnaît. Même guide, même visite que, l’an passé. Les statues des divinités ne me plaisent pas plus que l’an dernier sauf celles qui sont faites avec des robinets, chaînes de vélos et autres ferrailles récupérées que j’aime beaucoup.

Temple des Pythons


    On enchaîne sur le Temple des Pythons. Je frime un peu avec mon serpent autour du cou rapidement imitée par mes collègues (ce n’est plus franchement un exploit !). Petite découverte : les innombrables chauves- souris suspendues au dessus du temple.

Béhanzin

   L’exposition du quai Branly sur le Roi Béhanzin qui a eu un grand succès à Cotonou est installée en plein air en face du Centre Culturel de Ouidah. J’insiste pour la visiter. Sur des parallélépipèdes sont exposées des photos d’époques des gravures, des lettres et des textes explicatifs. Des écoliers en sortie scolaire recopient sagement les textes sous la surveillance de leurs instituteurs. C’est très émouvant de les voir très intéressés à ce dernier roi du Dahomey qui a lutté contre la colonisation française  et qui a été déporté successivement en Martinique puis en Algérie où il est mort à Blida. Un audiovisuel présentant ses lettres lues à haute voix est accessible dans le bâtiment le plus proche. Je suis attentive au style ancien de ces lettres puis j’apprends que le roi était illettré et que c’est donc un interprète qui les a écrites.
Damien et Stéphanie ont préféré flâner au marché et faire la découverte de la Béninoise. Sur ces entrefaites, mon téléphone sonne. C’est la première communication avec la puce béninoise. Donc mon téléphone marche. Si je ne peux pas le créditer c’est Areeba le responsable et surtout l’affluence du week end pascal. Sébastien a cru qu’on était arrivés cette nuit. C’est la raison de son silence d’hier. Il tient parole et nous propose d’assister aux fêtes pascales dans un village un peu plus loin. Cette proposition est très alléchante. Je dois cependant la décliner. Dominique est restée à Helvetia d’une part, d’autre part je ne peux pas consulter ceux qui sont au marché

place chacha

     J’avais imaginé la Route de l’Esclavage comme un pèlerinage à pied. 4 km ne me fonts  pas peur et nous aurions pu nous arrêter à chaque statue, chaque stèle. Il est 13 heures passées quand nous arrivons sur la Place du marché aux Esclaves ou place ChaCha du surnom que les Béninois ont donné à Francisco De Souza – le Vice Roi de Ouidah – le marchand d’esclaves  brésilien ami du roi d’Abomey. Cette histoire est le sujet du roman de Bruce Chatwin que j’ai beaucoup aimé. Ce personnage et le rapport que les habitants d’Ouidah entretiennent avec son souvenir est très ambigu. Vu de France, l’histoire semble tranchée : De Souza est un marchand d’esclaves donc un « mauvais ». A Ouidah, il n’est pas rejeté et serait même admiré.

    Aujourd’hui, il y a grande animation sur la place. Un groupe de scouts venus de Lokossa pose pour la photographie et nous invite très gentiment à figurer sur la photo souvenir. Plus loin une équipe de vidéaste et un groupe de jeunes musiciens tourne un clip. Eux aussi  nous appellent nous font danser et chanter. Tout au moins Stéphanie et Laure « mes filles ». Comme ils sont polis ils entraînent la « Maman » dans la danse. Stéphanie et Laure ont vite appris le refrain « Misé, misé, Célestine… » C’est un slogan électoral, nous l’apprendrons plus tard Célestine  s’est présentée aux Législatives et nous avons vu son portrait sur les affiches qui n’ont pas encore été enlevées. Euphorie de ces premiers contacts amicaux avec la population locale. Nous avons oublié notre triste pèlerinage.

La route de l’Esclavage

    Il est près de 14heures, la chaleur est à son apogée, je commence à fatiguer. Les filles  renoncent au projet de randonnée sous le soleil. Damien qui a envie d’aventure tient à faire la promenade à pied. Il est tenté par le retour en zemidjan. Thierry le prévient « Ils vont te taxer ! ».

    La visite se déroule donc comme l’an dernier : un arrêt photo à l’Arbre du Non Retour qui n’existe plus et qui a été remplacé par une curieuse statue qui ressemble à une sirène. Les esclaves tournaient autour de l’arbre pour abandonner leur identité africaine 9 fois les hommes, 7 fois les femmes. Puis nouvel arrêt au Zomaï la case noire où les esclaves étaient parqués dans l’obscurité pour se préparer à la traversée dans la cale du navire. Statue figurant le marquage au fer rouge, les esclaves des différents propriétaires seront ainsi identifiés comme on le fait aux moutons qui partent en transhumance. Puis le jeune du village nous mène à la fosse commune où furent inhumés ceux qui étaient trop « fatigués » pour entreprendre la traversée. Un mosaïque surmonte la dalle de ciment nue : blanc, rouge, brun, noir… couleurs de la terre africaine rouge, du sang peut être, noir de la peau, du deuil. Une sculpture métallique symbolise les peuples asservis, les Yorubas, les plus « dodus » avec leurs scarifications, les Peuls fins et minces avec leurs anneaux et d’autres dont je n’ai pas saisi le nom de l’ethnie.. Le parcours poignant continue jusqu’à un arbre portant encore fleurs et fruits : l’arbre du Retour, retour de l’âme et non du corps mort aux Amériques. Le terme du pèlerinage est la porte du Non Retour sur la plage. J’ai le cœur serré comme la première fois.
Thierry a soif. Tandis que le vendeur nous prépare les noix de coco nous voyons Damien au petit bar en face. Il rentrera avec nous sans avoir recours au zemidjan.

Téléphone béninois et projets

    Thimoléon a téléphoné alors que je marchais le long de la frange d’écume. Laure enveloppée dans une caffiyah égyptienne blanche est venue à ma rencontre brandissant le téléphone de Moronikê. Le véhicule prévu pour nous emmener à Pobé n’est pas disponible. Il nous donne rendez vous à l’Etoile Rouge à 8H00, « heure française ». Il ajoute :

-    « Je n’utilise pas l’heure béninoise ».

Mentalement je traduis le message, il sera ponctuel. Il faudra que nous le soyons aussi.

-    « votre véhicule est exigu, il faudra prévoir un taxi. »
-    « A combien cela reviendra t il ?
-    « 4000 chacun »
Je calcule, à cinq ce sera aussi cher que de demander à Thierry.
      -     « On se serrera à la béninoise »
(2 devant en plus du chauffeur 4 à l’arrière, c’est ainsi qu’on remplit un taxi-brousse).

    Justement Sébastien est arrivé pour apporter le contrat du circuit de la semaine prochaine dans le nord du pays. Diane est venue nous chercher. J’invite Sébastien au bungalow comme l’an passé. Je pourrai ainsi me doucher et me débarrasser du sable. Sébastien peut nous organiser un  grand taxi pour Pobé. Mais je ne veux pas vexer Thierry. C’est donc Moronikê qui se charge d’appeler ce dernier. Au milieu de la conversation en fon je saisis « 7heures zéro, zéro ». C’est donc réglé !
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