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 Carnet de voyage – amandine
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France (Métr.) L'espoir d'arriver tard dans un sauvage lieu... Dans ce carnet :
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Crée le 23/02/07
Dernière modification le 26/11/07

Le voyage en poésies : carnet à deux voix de palla d'oro et amandine

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 Jules Supervielle-Marseille : le voyage en poésies - France (Métr.)

Marseille sortie de la mer, avec ses poissons de roche,
       ses coquillages et l'iode,
Et ses mâts en pleine ville qui disputent les passants,
Ses tramways avec leurs pattes de crustacés sont
      luisants d'eau marine,
Le beau rendez-vous de vivants qui lèvent le bras
     comme pour se partager le ciel,
Et les cafés qui enfantent sur le trottoir hommes et femmes
     de maintenant avec leurs yeux de phosphore,
Leurs verres, leurs tasses, leurs seaux à glace et leurs
       alcools,
Et cela fait un bruit de pieds et de chaises frétil-
     lantes.
Ici le soleil pense tout haut, c'est une grande lumière
  qui se mêle à la conversation,
Et réjouit la gorge des femmes comme celle des
    torrents de montagne,
Il prend les nouveaux venus à partie, les bouscule un
    peu dans la rue,
Et les pousse sans arrêt du côté des jolies filles.
Et la lune est un singe échappé au baluchon d'un
      marin
Qui vous regarde à travers les barreaux légers de la
      nuit.
Marseille, écoute-moi, je t'en prie, sois attentive,
Je voudrais te prendre dans un coin, te parler avec
  douceur,
Reste donc un peu tranquille que nous nous regar-
   dions un peu
O toi toujours en partance
Et qui ne peux t'en aller,
A cause de toutes ces ancres qui te mordillent sous
   la mer.

                               Débarcadères : Marseille (1927)
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