Première nuit africaine 3 heures du matin, arrêt du ventilo et extinction de toutes les lumières.
L’électricité ne revient que vers 7 heures, fournie par un générateur qui fonctionne de 18 h à 24h, de 7 à 10 et vers midi. Exprès pour nous, ils ont laissé le courant plus longtemps cette nuit. Les générateurs supportent mal l’air marin saturé en humidité et en sel qui corrode tout ce qui est métallique. Ce qui explique aussi la mésaventure de la serrure. L’eau est également salée. On se lave les dents à l’eau minérale Potossomé.
notre bungalow Notre bungalow est très vaste, haut de plafond avec son toit à double pente doublé de bois. Le lit, couvert de batik brun est surmonté d’un baldaquin de mousseline posé sur deux fils tendus à travers la pièce : la moustiquaire. Le vent de la mer a chassé les insectes, elle est donc inutile cette nuit et sert de décoration.
Face au lit, une sorte de salon en bois exotique : le bois lourd est sculpté avec des motifs de lions aux accoudoirs mais aussi aux pieds, le dossier est à clair voie. La matière est belle, la sculpture très réussie. Au dessus, un tableau naïf représente deux tambours mâle et femelle (attributs très explicites) joués par trois tambourineurs chacun armés de sorte de crosses. Plus lion un village de cases rondes. Dans le ciel, un avion. Sous la fenêtre, un grande table rectangulaire recouverte d’un tissu à grands ramages avec un jeu d’awalé. En face, une armoire de bois contient notre « trésor », coffre-fort tout à fait indispensable puisque nous transportons tout l’argent du voyage en espèces.
Nous avons très bien dormi. En déballant nos sacs, nous ne retrouvons plus rien, nous ne savons quels habits choisir. Y a –t- il des moustiques le matin ? Où avons-nous mis les passeports ? Comment téléphoner ? Mon portable n’accepte pas la carte SIM. Il proteste, « insérer une carte Sim correcte". Il faut trouver une autre solution. Heiner propose de louer un appareil à un Africain.
la plage Avant le petit déjeuner, nous avons traversé le jardin pour découvrir la plage, magnifique, bordée d’une rangée de très beaux parasols de paille surmontés d’un pinacle rond, abritants des lits de bois. Le sable est très propre et la vague pas trop effrayante, ce matin. Une femme vêtue seulement d’un pagne long enroulé, les seins pendants, vient à notre rencontre. A l’aide d’un balai en palme de cocotier, elle a nettoyé la plage.
Conversation à bâtons rompus pendant le petit déjeuner Le petit déjeuner est somptueux : un grand verre de jus de fruit frais, ananas-orange, une mangue découpée en hérisson, délicieuse, à point, fondante. On nous propose müesli ou omelette. L’omelette aux fines herbes est parfumée, avec des morceaux de tomate.
Gruyère ou Brie complètent le menu ainsi que de la confiture confectionnée par des moines au nord du pays.
Heiner nous tient compagnie. Il a travaillé pour un institut de recherche sur la Cécité du Fleuve, maladie parasitaire véhiculée par de petites mouches qui pondent sur la peau des paysans. Des milliers de vers microscopiques s’attaquent au système nerveux, provoquant la cécité. Maladie de pauvres, peu rentable. Si jamais on développait un remède, les pauvres paysans n’auraient pas de quoi payer le médicament.
Au Bénin depuis 16 ans, il ne voit pas le développement du pays décoller, au contraire ! Il nous montre les aberrations du système : le café qu’on fait venir d’Europe, alors qu’il pousse ici. Les confitures françaises que les expatriés préfèrent, puisque les produits locaux ne se vendent pas meilleur marché. L’indolence de la population a fini par l’irriter : la banque de l’aéroport est ouverte l’après midi quand il n’y a pas d’avion mais elle ferme à 20heures même si le vol d’Air France est retardé. Pour digérer la Malarone, Dominique s’inquiète du lait : il faudra acheter Nestlé ou hollandais, condensé ou en poudre. Heiner essaie de mener son affaire « à la suisse » il est contrarié par l’indolence des béninois.