Dans les Andes péruviennes, il n'y a pas de dimanche matin sans défilés. Le Pérou se couvre alors de fanfares, avec trompettes et tambours, qui s'invitent dans les
plazas de armas (centre ville) de chaque village. La jeunesse célèbre la nation au pas cadencé, en rangs serrés, avec drapeaux et hymnes quasi militaires. A Tarma, on m'a expliqué que chaque classe de la ville tournait ainsi à tour de rôle pour défiler une fois par an. Célébration pour le moins surprenante à nos yeux, où il serait inconcevable de mettre en scène des marches militaire avec des enfants de l'école voisine...
Ces scènes se sont répétées chaque semaine de notre voyage dans les Andes. Toujours à Tarma, je me souviens de ces enfants de tous âges, appartenant à une même école et faisant leurs exercices physique du matin en courant autour de la place centrale par rang de 4, alignés comme des piquets, chantant des chansons à haute voix répétées phrases par phrases par leur « sergent-professeur », le tout dans un rythme de pas totalement homogène.
Plus au Sud, à Cuzco, capitale touristique péruvienne s'il en est, ce sont les éboueurs que l'on a vu défiler au pas cadencé. Imaginez, devant des touristes éberlués, un « Droite... Droite ! » hurlé devant des soldats munis pour tout fusil de leur poubelle sur roue, qu'ils devaient pourtant manipuler avec des gestes millimétrés !
Ces scènes s'expliquent pourtant aisément. Comment ne pas penser à notre vieille troisième république, où l'homogénéisation des masses et l'unification des valeurs autour d'un drapeau étaient une priorité ? Se servir de l'école et de l'armée a paru à nos ancêtres une façon naturelle d'éduquer les masses, même si aujourd'hui ces méthodes nous paraissent archaïques et dépassées. Le Pérou semble vouloir faire de même aujourd'hui avec l'infinie variété de ses communautés rurales andines.
Sébastien