Au petit matin un froid mordant pénètre à travers la tente, froid d'un hiver péruvien à 4200 mètres d'altitude. Une lumière diffuse et blanchâtre inonde la tente. Perte de repères temporels. Où sommes-nous ? Quel jour et quelle heure ? La montre indique 4h 30 du matin... et il fait comme jour. Et pour cause. La lune est en haut au beau milieu d'un ciel noir et profond, éclairant les flancs de la montagne, jouant avec les pics glacés du glacier Sinakara. Dans quelques heures à peine il faudra se lever, emmitouflés dans nos ponchos et gants de laine, sautiller sur place en attendant que viennent les premiers rayons du soleil. A côté de nous, des milliers d'autres pèlerins sortent des tentes, tirés de leur lit de fortune par ce froid tenace. Mieux vaut marcher...
Près de 30 000 personnes à la veille de la fête du pèlerinage du Qoyllor rit'i. 30 000 personnes qui s'éveillent au rythme de la nature hivernale. 30 000 personnes soulevant la poussière sur les rythmes effrénés et continus des chants, des danses et des messes.
Aurélia, Stéphane et Sébastien