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 Eté Toscan 2004 :Florence, Sienne, ...
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Crée le 15/06/07
Dernière modification le 16/06/07

4 semaines de rêve, 4 villes d'histoire et d'art, 4 gîtes ou villas d'un raffinement  inégalé, nous avons alterné visites culturelles, promenades dans la campagne et baignades

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 Cortona avec Frances Mayes pour guide - Italie

Mercredi 28 Juillet : Cortona


Une ville en pente

      Cortona est la ville la plus pentue que nous ayons jamais visitée ! On y entre par une arche dans la muraille étrusque (gros blocs arrondis par le temps), on remonte la via Ghelfa pavée de grosses dalles grises entre les maisons grises en pietra serena, endormie à notre arrivée.

     Halte à mi-pente au couvent Saint Augustin : le cloître st planté d’un palmier et du plus joli althéa à fleurs blanches qui, au lieu de faire une boule, est taillé en berceau et a grandi comme un véritable arbre? Les arcades du cloître sont peintes en jaune pâle comme dans tous les cloîtres que nous avons visités. Je regarde avec plus de curiosité que d’admiration les fresques narrant les épisodes de la vie du saint. C’est facile à comprendre, en dessous les miracles sont expliqués en Italien (plus facile que le latin) Ces peintures n’ont aucun intérêt esthétique. Nous avons vu tant de belles fresques que nous devenons difficiles !

Piazza della Reppublica

    Deuxième étape dans notre ascension : un banc de la Piazza della Reppublica, place où trône sur un large escalier le Palazzo del Capitano del Poppolo(hôtel de ville) surmonté d’une tour et d’une grande horloge. Des échoppes minuscules sont logées sous l’escalier. Frances Mayes décrit dans son livre l’horloger installé depuis le temps des clepsydres. Malheureusement il a laissé son atelier à une galerie de tableaux – personne ne fait plus réparer de montre !
Comme le raconte le livre de Frances Mayes, nous trouvons sous les arcades la marchande de frutta e verdura et dans la loggia surélevée, la terrasse du restaurant. Dominique a sorti le livre et m’en fait la lecture à voix haute. C’est amusant de visiter les lieux décrits si minutieusement par l’Américaine.

      Nous venons tout juste d’arriver, et Cortona nous semble familière. Un petit bémol : la place est beaucoup plus touristique qu’on ne l’imaginait.

san Christoforo
      Après cette lecture, nous adoptons notre tactique habituelle : grimper le plus haut possible et faire la visite à la descente. Donc on monte, on monte même très raide. Dominique me demande si cela monte autant à SuperDévoluy quand je fais mes randonnées avec le guide ! L’église préférée de Frances Mayes est San Christoforo, selon elle, a porte serait toujours ouverte. Cap sur San Christoforo qui se trouve dans les hauteurs ! Nous passons rapidement devant San Francesco mais Dominique n’aime pas s’interrompre à mi-pente, cette église est vaste et sombre. On a descendu les tableaux pour restauration. Un moine en robe de bure lit en marchant.
Vers le haut de la ville, les constructions sont moins denses avec de beaux jardins. Nous découvrons une vue dégagée sur le Lac Trasimène (on l’attendait, il est dans le livre). De grands bâtiments austères en pierre avec de hauts murs bordent la rue : ce sont des couvents de Santa Chiara delle Povere, della Trinita etc.….On restaure San Niccolo qui a un joli porche abrité par une colonnade- pas de visite San Christoforo est vraiment une toute petite église avec un campanile tout simple « à peigne » située à la fourche de deux routes. On ne peut pas vraiment l’appeler une place, mais il y a un banc .Dominique nous lit le livre qui décrit l’Ange de l’Annonciation qu’on aperçoit dans une petite chapelle extérieure fermée par une grille. Depuis que Frances a écrit le livre, on a fermé l’église.

      Nous poursuivons jusqu’à la Porta Montanina. De là nous avons une très belle vue sur un vallon la coupole de S. Maria Nuova et de belles maisons avec piscine (sans doute agriturismo) ? Nous négligeons Santa Margharita et ratons une belle promenade verte et ombragée (un chemin de croix !) Nous avons déjà assez monté comme cela.
      Pour descendre nous choisissons les plus petites ruelles .Un petit chien bâtard fait mine de nous barrer la route un chat dort tranquillement. Deux femmes en tablier descendent en bavardant …Chaque viccolo apporte une surprise : une volée de marches, une rampe glissante, sue échappée sur la vallée ou le lac …Nous somme vite rendues à la Piazza della Reppubblica qui est maintenant plus animée.
     La via Nazionale est la rue commerçante. J’y trouve facilement le Monde. De jolies boutiques proposent de bien jolies choses. On entre dans un magasin de papier d’art : carnet, agendas, écritoires …recouverts de papier ancien. Une très belle librairie vend du matériel de peinture tubes, pastilles d’aquarelle, papier. J’achète un bloc. Le format du carnet moleskine est parfait pour les croquis rapides mais pour peindre je n’ai plus de papier grand format. Dominique m’incite à « mettre des couleurs »dans mes dessins. Sans couleur, elle ne les regarde même pas.
    La Cathédrale est un peu décevante : extérieur roman très sobre, intérieur Renaissance avec les colonnes et arcades gris foncé que nous avons vues maintes fois depuis Florence.

Le Musée diocésain

     En face le « petit musée « diocésain. Je suis toujours méfiante avec les Musées d’Art sacré qui exhibent chasubles, chandeliers, encensoirs et croix qui m’ennuient. Encore une fois Frances Mayes me fait envie : elle décrit une Annonciation de Fra Angelico avec un ange aux cheveux oranges. Nous décidons de faire une visite à l’Ange. J’irai seule, je prends alors un audio-guide.
L’Ange est bien là ; sa présence illumine toute la salle. C’est une peinture très connue. Elle m’est familière. J’aimerais rester longuement à la contempler. La Vierge, sous une sorte de pavillon à colonnettes est aussi très douce. Un parterre fleuri à fond vert soutenu fait ressortir les personnages clairs. En dessous une bande dessinée – la prédelle- représente des scènes miniatures qui me plaisent énormément. Une femme, entrée en même temps que moi, s’est assise et écrit dans un carnet. Comme j’ai pris l’audio-guide, je fais une visite complète qui me permet de découvrir un peintre que je connaissais pas : Lorenzetti (14ème siècle école siennoise) qui peint des visages grisâtre très doux presque douloureux. Je retrouve Signorelli (et son atelier). Pour Signorelli, je suis partagée. Certains de ses tableaux me plaisent, d’autres pas. Je ne sais pas très bien pourquoi. Ce n’est pas nouveau, déjà à l’Abbazia de Monte Olivetti Maggiore, les fresques m’avaient paru insignifiantes. Certains tableaux paraissent réussis : la Déposition du Christ mort est saisissante. Les autres tableaux semblent bâclés. Avant de quitter le musée, je retourne prendre congé de l’Annonciation. La femme aux cheveux gris écrit toujours dans son carnet.
Il est midi, je n’ai pas envie d’une autre visite de musée. Dominique a pris les renseignements pour les visites des tombes étrusques. Nous terminons la visite par un tour en voiture en haut de la ville.

      Nous arrivons sur l’esplanade de Santa Margharita que nous avions négligée. Si la promenade du chemin de croix  devait être une promenade agréable, la découverte de cette église est une déception. C’est une basilique du XIXème siècle de proportions imposantes disproportionnée à l’échelle de Cortona, néogothique, hideuse.
Nous continuons vers la forteresse Médicis perchée au dessus de la ville. Forteresse de pierre, contrairement à celles de briques de sienne de Volterra ou d’Arezzo). Elle abrite une expo d’art Contemporain (contemporaine vacuité et prétentieuse nullité). Nous montons sur le chemin de ronde pour la vue sur le Lac Trasimène, la ValdiChiana et les montagnes bleuté qui ressemblent à des volcans.

Bramasole

      Dernier temps fort de la journée : Bramasole, la maison du livre ! Elle est située à la sortie de Cortona sur une petite route au dessus d’un vallon sauvage dans les oliviers et les cyprès. Ici, tout le monde la connaît. Deux jeunes gens qui se restaurent de salami à la terrasse d’un café nous pilotent : « c’est après la courbe vous verrez un grand portail et un grand jardin »Bramasole est facile à identifier avec sa madone en terracotta (genre della Robia et son magnifique jardin. Nous sommes surprises. Dominique ne l’imaginait pas si proche de la ville. Moi, je ne la voyais pas si rouge et si grande. Le jardin en terrasse est soigné et fleuri. Dominique la mitraille de photos. Il faudra relire le livre maintenant !

    Le Monde à la piscine

Nous avons eu une matinée bien remplie. Il est temps de rentrer au gîte et de profiter de la piscine. Mais aujourd’hui, la piscine est décevante : trop d’enfants bruyants, trop de monde, impossible de nager en paix. Dominique part faire les courses tandis que je lis le Monde.

    Promenade à la fraîche dans les vergers

A la tombée du jour, je vois des joggers sur notre route blanche. Chaque soir, nous y faisons quelques pas jusqu’à la maison suivante distante de quelques centaines de mètres et n’osons pas aller plus loin. Dans le noir nous n’avons pas pu voir que la route contourne la maison. Nous avons fait une autre tentative de l’autre côté et avions abouti à l’usine de conditionnement des fruits. De hautes piles de boites énormes faisaient de véritables remparts d’une dizaine de mètres de haut. On se serait dit dans un port de containers. Des chiens avaient aboyé et c’en était fini de la promenade sous les étoiles.
Après les joggers, passent des cyclistes. Il y a certainement une promenade à tenter.
Il est environ huit heures quand nous dépassons la belle maison qui ressemble à la nôtre comme une sœur – même plan carré, même pigeonnier rond. A l’avant, sous un vélum une longue table et une longue banquette. A l’arrière, une autre table mais plus sophistiquée, couverte d’une nappe. Combien de convives peuvent dîner ici ?
Nous traversons des vergers à perte de vue, pêchers portant des pêches dures mais déjà rougissantes, poiriers et pommiers taillés en espalier. Certains poiriers ont des troncs très épais. Ils sont parfaitement alignés. Entre chaque rangée, l’herbe est tondue très ras. La plupart sont arrosés en goutte à goutte mais pas tous. Près de chez nous des arroseuses montées sur de hauts supports projettent leurs jets circulaires à trois mètres au dessus du sol. Hier, de la montagne on distinguait ces arrosages .On ne manque pas d’eau ici malgré la relative sécheresse de l’été (il a plu quelques gouttes lundi mais à peine de quoi mouiller le sol) et la chaleur .Le sol est détrempé par les arrosages. Des petits canaux délimitent les parcelles. Il y pousse des massettes, de la menthe des prêles et des iris – plantes d’eau qui, en ce moment, prospèrent .Des pompes ronflent régulièrement. De temps en temps un coup de bélier dans les canalisation nous fait sursauter comme la détonation d’un pétard .le premier soir nous avons cru qu’on tirait un feu d’artifice !
Nous avons marché une bonne demie heure sur le chemin poudreux dans les vergers. Quelques gros arbres le bordent, des grands chênes de temps en temps, un ou deux tilleuls mais surtout des mûrier têtards aux gros troncs creux et noirs hérissés de courts rameaux. Elevait on des vers à soie ? Le soleil est descendu derrière les collines en direction de Sienne. Avec les bancs de nuages, le ciel est magnifique, roses et oranges en écharpes aux rebords éclatants, éventail de rayons. Dominique fait la photo. Les couchers de soleil sont une de ses spécialités.

Quand nous rentrons il fait presque nuit il est déjà neuf heures. Juillet se termine. Les jours raccourcissent. Nous dînons dehors. Je raconte ma journée sur le cahier jusqu’à 10h30. Dominique vient me chercher et m’interrompt dans mes travaux d’écriture. Elle vient de relire le premier chapitre du livre et voudrait que j’en fasse autant. Nous imaginons les décors et comparons nos impressions
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