Mardi 27 Juillet : Arezzo – montagne à l’est Les fresques de Piero della Francesca Amanda a pris rendez vous pour nous pour la visite des fresques de Piero della Francesca sous le nom d’Illuminati. C’est le nom de Francesco qui est le véritable patron et propriétaire de la fattoria mais aussi des vergers et de l’usine .Nous devons y être à 9h .
Les fresques ornent le chœur de l’église San Francesco, grande église romane très haute mais assez simple. A l’heure dite, on nous laisse entrer, on allume et nous confie un audio-guide en français.
Les fresques racontent l’ « histoire de la Vraie Croix » racontée dans la Légende Dorée de Voragine. Elle commence par la mort d’Adam. Son fils, Seth plante dans sa bouche un bourgeon de l’arbre de la connaissance. C’est cet arbre qui donnera le bois de la Croix. Episode intermédiaire : Salomon a fait du tronc de cet arbre, un pont. La Reine de Saba a une vision et refuse de marcher sur ce pont. Salomon fait enterrer l’arbre. De la Crucifixion, rien dans cette fresque. Rêve de Constantin : un ange porte une croix de lumière qui lui apportera la victoire. Scène de bataille. Hélène va chercher la Vraie croix à Jérusalem. Un Juif, Judas, connaît l’emplacement des trois croix. Pour lui extorquer le secret on l’enferme dans un puits. Titre : torture du Juif (déjà ! Encore !)
Puis nouvelle scène de bataille, contre les Perses cette fois. Le roi de Perse avait volé la Croix, en avait fait un trône sur lequel il avait coutume de s’asseoir à côté d’un coq (esprit saint).
On peut regarder cette fresque comme une BD. Lecture naïve des analphabètes. Les fresques étaient appelées : bibliothèques des pauvres. Ne connaissant pas cette légende, je la découvre ainsi. Sans a priori, sans esprit critique. Une belle histoire, magnifiquement peinte et bien racontée.
Nous repassons la cassette deux fois pour mieux découvrir les détails. Ensuite, le regard essaie de saisir les détails du contexte historique : Jérusalem, c’est bien sûr Arezzo. Mais Piero a voulu faire oriental, il a rajouté deux minarets. Délicieux anachronisme ! Les scènes de batailles sont les plus colorées. Les pattes des chevaux donnent l’idée du mouvement dans la mêlée, elles sont très bien représentées. J’avais déjà remarqué ces pattes de chevaux à Sienne en regardant le pavement. Lances, oriflammes pointent vers le ciel. Les blessures des soldats saignent d’un beau sang rouge. Le thème religieux s’efface devant l’évocation guerrière. L’audio-guide se contente de raconter la légende. Nos livres en faisaient de même.Je regrette l’absence de visite guidée qui aurait pu donner des notions de technique et d’histoire de l’art. Dans la nef, nous sommes livrées à nous même devant des fresques moins connues. Donc aucune explication. Je remarque une curieuse où un âne est agenouillé.
Maison de Pétrarque Pour ne pas enchaîner les visites d’église nous remontons la belle via dei Pileati avec ses palais couverts de blasons jusqu’à la Maison de Pétrarque. Celle ci abrite une belle bibliothèque avec des livres anciens dans toutes les langues (aussi en Français et en latin).
Piazza grande et Santa Maria della PieveSanta Maria della Pieve est surtout remarquable par ses colonnettes qui décorent la façade, l’abside et le campanile (style Pisan). A l’intérieur, la nef est impressionnante, très vaste, très haute, très dépouillée.
Nous restons une bonne heure sur la Piazza Grande. Les façades sont très variées. Les arcades de la Loggia de Vasari occupent tout un côté. De beaux cafés y sont installés. Le plus grand côté est occupé par des façades médiévales de maisons-tours décorées de blasons. Des balcons de bois soulignent les façades. Les crépis jaunes, ocre, ou gris tranchent avec la pierre. Nous nous installons sur la margelle du puits. Un homme dessine le côté très disparate avec le chevet de Santa Maria della Pieve et son campanile, un Palais XVIIème /XVIIIème occupé par le tribunal et un bâtiment très curieux, très ouvragé la Loggia dei Laici gothique en bas surmonté de frises Renaissance et d’une curieuse horloge. Le dessinateur est d’une dextérité étonnante. Il installe ses lignes de fuite, jongle avec la perspective puis complète les bâtiments et rajoute les détails à la fin. J’avais l’intention, moi aussi de dessiner mais je me sens complètement gourde à côté de lui !
C’est l’heure de l’apéro ou plutôt du caffe freddo. Nous remontons vers les beaux cafés sous les arcades de Vasari. Toutes les tables sont occupées. Encore une fois, pas de café ! La terrasse à côté est vide, on peut s’asseoir à son aise. Je commence le dessin laborieux des maisons médiévales plus faciles.
Les montagnes par delà le Val di Chiana Depuis notre arrivée à la Foresteria, Dominique, de la piscine, regarde avec envie la montagne qui borde le ValdiChiana vers l’est allant d’Arezzo à Castiglion Fiorentino. En fin d’après midi, nous montons par une petite route qui traverse un village puis des oliviers et parvient à une très belle forêt. La route grimpe puis redescend sur l’autre versant vers Arezzo. Comme hier, Dominique me lâche en haut. Je descends sur la route dans la belle lumière du couchant. La vue est très étendue. Nous dominons la plaine cultivée : jaune des tournesols, vert vif du maïs et du tabac, or des chaumes, vert foncer des vergers qu’on arrose à grands jets tournants. Au bas des pentes : des oliviers en terrasses. je prends plein de photos et dessine mon »résumé » de la Toscane : oliviers, clochers et fermes massives précédées de leurs haies de cyprès.