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 Carnet de voyage – miriam
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 Eté Toscan 2004 :Florence, Sienne, ...
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Crée le 15/06/07
Dernière modification le 16/06/07

4 semaines de rêve, 4 villes d'histoire et d'art, 4 gîtes ou villas d'un raffinement  inégalé, nous avons alterné visites culturelles, promenades dans la campagne et baignades

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 Florence : Duomo, Baptistère - Italie

Parking!

      La recherche d’un parking à Florence est une affaire délicate. Le long des remparts, dans l’Oltrarno, se trouvent de nombreuses places de stationnement. Celles qui sont peintes avec des bandes blanches sont réservées aux résidents. Nous devons utiliser les bleues, payantes (1€, la 1ere heure, 2€ les suivantes) Il vaut mieux se rapprocher du Duomo puisque c‘est le même prix partout. Nous garons la 206 près de l’Arno à la Porta al Prato dans un grand parking gardé.

     Dominique souffre de son genou. Nous nous séparons donc : j’irai d’un bon pas pour l’ouverture du Musée de l’Opera del Duomo à 9h et nous nous retrouverons à 10h devant le Duomo. Je parcours rapidement des rues à consonance napoléoniennes Solférino, Magenta Montebello, pour arriver à la Piazza Trinita au Palazzo Strozzi puis au Duomo.

Musée del Opéra del Duomo

     Le Musée del Opera del Duomo est très moderne.  Peu de visiteurs hormis  une classe d’étudiantes américaines très studieuses mais bruyantes. Il est consacré aux sculptures de la Cathédrales qu’on a enlevées à cause de remaniements de la façades ou à cause de la pollution. C’est toujours passionnant de voir, à hauteur d’homme, des statues perchées. Comme à saint Jacques de Compostelle, il y a de nombreux anges musiciens. On a installé face à face les putti de la Cantaria de Donatello qui font des rondes et de la musique et la Cantaria de Della Robbia. Les putti de Luca della Robbia sont des enfants sages tandis que ceux de Donatello sont des garnements bagarreurs (je pense aux putti de Serpotta).A l’honneur: La Piéta de Michelange, Il faut avoir vu un Michelange quand même !


     La dernière partie du Musée montre l’Atelier de Brunelleschi et la fameuse maquette du Duomo en double coque. On voit aussi les concours d’architecture pour la façade. De belles maquettes en bois montrent des frontons baroques qui n’ont jamais été construits. Des gravures du Concours de Restauration du 19ème siècle gagné par Emilio de Fabris .Enfin les panneaux originaux de Ghiberti de la Porte du paradis. Séparés, les panneaux sont mieux mis en valeur. Je peux ainsi observer tous les détails.

Duomo

     Me voilà prête pour la visite du Duomo. Une longue queue s’est formée à l’entrée. Heureusement on avance vite. C’est gratuit. En attendant, j’ai tout le loisir d’admirer les marbres blancs (de Carrare) le vert (de Prato) et le rouge de Pise? Les colonnes sont torsadées, finement et incrustées. A Palerme, j’avais été étonnée, ravie. J’avais attribué ces incrustations au savoir-faire arabe. Ici, à Florence, tout est décoré d’incrustations de marbre. Cela m’incite à plus de prudence dans mes interprétations. La Sicile m’avait paru plus orientale alors. Maintenant, je la trouve plus italienne. Un autre lien entre Florence et Monréale : le sculpteur Pisano auteur des portes du baptistère à Florence et à Monreale.
la nef

     L’intérieur de la nef est censé donner un sentiment de grandeur, d’élévation, que sais-je ? Je m’y sens plutôt perdue, sans aucune extase mystique. Nous remarquons la curieuse horloge à une seule aiguille qui tourne à l’envers et marque l’ »heure italienne », puis les vitraux colorés, beaux mais lointains et trop petits.
Crypte

    J’essaie la visite de la crypte. Dominique a trop mal pour descendre les marches. Elle renonce à regrets, elle aime beaucoup les cryptes. Sous la Cathédrale Santa Maria del Fiore se trouve l’ancienne église Santa Reparata. On ne trouve pas l’atmosphère de recueillement intime des cryptes plutôt celle d’un site archéologique avec des mosaïques, des fondations de l’ancienne église. Les mosaïques rappellent celles d’anciennes basiliques romaines visitées à Chypre. On retrouve la brique des anciennes constructions romaines.

fresques

     De retour dans la nef, nous trouvons devant deux fresques la conférencière, Clémence, qui fait des visites en français gratuites. Elle nous explique les effigies équestres des deux condottieri. La plus ancienne représente Sir John Hawkwood par Paolo Uccelo. Les Florentins avaient promis d’élever une statue de bronze. Seuls les empereurs romains avaient l’honneur d’une statue équestre. La fresque apparut comme un bon compromis. Paolo Uccelo a traité le socle en perspective mais pas le cheval qui aurait été énorme. Il a imaginé un cheval presque cubiste Sans la conférencière, nous n’aurions jamais remarqué cela.

    Une deuxième effigie équestre représente Niccolo Tolentino par Andréa del Castagno elle est plus conforme au goût du Quattrocento florentin.

    La guide analyse pour nous le portrait de Dante. Le tableau le représente en pied au milieu de sa Divine Comédie. An haut : le ciel et les constellations font allusion au début de la Divine Comédie par un rêve. Toute la partie gauche est occupée par une procession des damnés qui descendent vers l’Enfer. Au milieu, on croit reconnaître la tour de Babel. Cet édifice circulaire en degrés figure le Purgatoire : chaque tranche circulaire représente un « étage » de péchés. Au sommet Adam et Eve sont debout sur le dernier petit cercle. Le Paradis : c’est Florence, on reconnaît le dôme de Brunelleschi et les remparts. Dante, exilé de sa ville natale, voyait en Florence le Paradis. Les façades incrustées de couleurs figurent l’idée du Paradis pour les florentins. (Chez les Musulmans c’est un jardin)Encore une fois, merci à la conférencière pour la découverte de ce tableau et un aperçu de l’œuvre de Dante que je n’ai jamais lue.

La coupole

     Dernière étape de la visite guidée : la coupole. Clémence nous montre les plans sur des photocopies. Elle explique l’idée géniale de la double coupole. Elle nous montre les trous par lesquels on pouvait installer des poutres pour des échafaudages flottants. Enfin elle nous livre des clés pour la lecture de la fresque. Comme nous le savions déjà, il existe toute une symbolique théologique et politique dan la peinture de la fin duXVIème siècle. La coupole a été terminée en 1436 par Brunelleschi pais les peintures sont l’œuvre de Vasari plus d’un siècle plus tard après le Concile de Trente. Ce Concile a fixé les canons de la peinture. On peut faire une lecture horizontale registre par registre du lanternon vers le bas. On voit alors le cercle des vieillards de l’Apocalypse, le cercle des Anges Archanges Chérubins, en dessous celui des Saints : évêques rois, puis celui des Vertus et tout en dessous
l’Enfer et le Jugement Dernier
     Curieux Jugement dernier : la Mort casse sa faux, un chérubin brise les armes, Chronos brandissant un sablier va mourir, les quatre Saisons sont étendues tout cela symbolise l’abolition du Temps ; Des trois vertus Espérance en robe verte, charité en rouge et Foi en blanc (non, ce ne sont pas les couleurs du drapeau italien ! !) seule reste la Charité puisqu’avec la fin des temps l’Espérance n’a plus de sens ni la foi.

Une autre lecture est possible : une lecture politique qui est aussi une lecture verticale : le pape Clément V (un Médicis) couronne Charles Quint. Les Médicis sont bien présents ici aussi.

Al'assaut de la coupole!

     Dominique reste dans l’église tandis que je grimpe à la coupole. 460 marches annoncées. On monte à la queue leu leu. Heureusement, seulement des sportifs ont choisi cette attraction. L’ascension s’effectue à un rythme soutenu au début. Malheureusement, quand le couloir se rétrécit, cela bouchonne. De temps en temps une ouverture nous fait découvrir un beau panorama.Quand on domine tous les palais, on devine qu’on a déjà effectué une bonne montée. Le circuit passe au bord de la fresque, à l’intérieur de la coupole. Le Diable mesure au moins 4 mètres de haut. Les couleurs sont vives. Puis la montée reprend, l’escalier utilise l’espace entre la coupole extérieure et la coupole intérieure. On comprend mieux l’astuce de Brunelleschi. Enfin nous arrivons sous le lanternon où un balcon est aménagé. Toute la ville est à nos pieds. Je distingue très bien les Villas Médicis Le Castello et La Pétraia et leurs jardins. Le Palais Vecchio présente une façade sans échafaudage de ravalement. On a l’impression de toucher le Campanile. La descente est plus rapide.

Baptistère

     Dernière visite : le Baptistère. A midi, les portes ouvrent. L’intérieur est beaucoup plus vaste que je ne l’imaginais. Beaucoup plus décoré aussi. Sous la pyramide se cache une coupole (décidément Florence est la ville des toits doubles !). Cette coupole est décorée de magnifiques mosaïques tout à fait comparables à celles de Monreale, en éclat tout au moins. La lecture est plus compliquée moins pédagogique qu’en Sicile. Des colonnes très décorées dessinent des arêtes et découpent des tranches verticales dans la coupole 
Malheureusement, c’est ma quatrième visite et je me sens moins fraîche pour une étude de détail.

    Dominique est rentrée à grand peine au parking et m’attend dans la voiture.
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