7 juillet Comillas
Le village de Comillas Le ciel est encore gris. Malheureusement aujourd’hui, lundi est le jour de fermeture des musées en Espagne. Il nous faut adopter l’ »heure espagnole ». Impossible de déjeuner avant 9h30. A 10h, nous montons au village et trouvons des supermarchés bien achalandés, une jolie place touristique avec des maisons en hauteur aux balcons fleuris, la
Plaza Mayor avec ses arcades et des magasins de luxe. Visite des curiosités locales.
Capricho de Gaudi : villa délirante recouverte de céramique décorée rose, vert, jaune. Chaque carreau jaune est orné d’un tournesol, les verts de plusieurs feuilles. Les ferronneries végétales ressemblent à celles de Guimard. Des chapiteaux sont sculptés de palmes et d’oiseaux. Une tour cylindrique en forme de minaret coiffe le tout.
Un peu plus loin, une chapelle gothique et le
château (1880) du marquis de Comillas Lopez y Lopez. La végétation est luxuriante : hortensias, agapanthes bleus, magnolias, hauts lauriers et marronniers. Le château kitsch ressemble un peu à celui de Cintra. Nous visitons le château.
Martorell et Gaudi ont collaboré à ce manoir prétentieux d’un marquis nouveau riche (nouveau marquis) fier d’accueillir le roi Alphonse XII Vitraux, billard sur-dimensionné, salle de réception décorée de fresque représentant la visite du souverain et l’inauguration de l’Université Pontificale (travail de Martorell), encore du gothique catalan fin XIXème. Si la visite n’avait guère d’intérêt, elle m’a au moins servi de cours d’Espagnol. La guide débite à toute allure son boniment. J’ai le plus grand plaisir à tout comprendre.
Recuperacion plage d’Oyambre Nous retournons sur la plage d’Oyambre découvert hier. Ce n’est pas une plage déserte et vierge comme je l’avais cru hier ! Les équipes de la « recuperacion » sont à l’œuvre. D’abord un tracteur et sa pelle ramasse les algues puis les cribleuses passent. Elles ressemblent à de grosses tondeuse à gazon ou à de petits motoculteurs : une lame tourne et envoie le sable dans un tamis. Ensuite les piétons en combinaisons blanches, gants et bottes de caoutchouc, râteaux, pelles ou truelle à la main, creusent, farfouillent et remplissent des sacs poubelles de sable souillé. J’essaie d’interviewer l’un d’eux.
- « Non ce ne sont pas des volontaires. Au début, il y avait des volontaires. Ceux là ont un contrat, ils sont payés. «
Mon Espagnol ne suffit pas pour poser les bonnes questions. D’ailleurs, je me rends compte ensuite que je n’ai pas interrogé la bonne personne. Avec sa tenue rouge, c’est un maître nageur sauveteur.
Dominique s’installe dans un creux en bordure de dune. Je marche le long de la plage. Nous avons quitté les pantalons pour des shorts, je peux donc marcher dans l’eau. Cela change un peu mon point de vue sur les arrivées de mazout. Hier j’avais été optimiste. De tout petits agrégats de quelques mm sont apportés par les vagues. Dans certains endroits où le courant a réuni les coquillages cassés ou les gros grains de sable, ces petites particules sont concentrées. Et il y en a encore ! Les petites boulettes de l’ordre du cm sont plus rares. Avant qu’elles ne soient ramassées, les algues font un liseré sur la plage. Elles sont étonnamment variées : rubans bruns des laminaires, ficus vésiculeux (assez peu), ulve verte, mais aussi petites algues rouges rigides qui font penser à du corail, algues vertes épaisses ressemblant à des arbres miniatures, et encore des brunes décolorées en forme d’éponges . Elles sentent très bon. Après le pique-nique, Dominique se plaint du froid. Un petit vent du nord souffle.
Le village de Barcenillas Nous partons donc à la découvert des villages de l’intérieur de
Cabezon de Sal à Valle de Cabuerniga. Nous ratons les entrées de Cabezon et de Ruente à l’écart de la route et entrons d’abord dans Barcenillas.
Ce village est très paisible, très harmonieux, à l’écart de la route et de la circulation automobile. Ce n’est pas un village-musée, pourtant, il est préservé de toute construction parasite .Les maisons, en rez de chaussée sont construites de belles arcades de pierre surmontées d’un balcon de bois fleuri abrité par un large auvent sculpté . Les épis de maïs ramassés en gros bouquets renversés suspendus ornent les façades. Aux balcons des géraniums rouges mais aussi de la lessive qui sèche montre que ce village est bien vivant. Les chiens nous le rappellent bien. Dans les étables, il y a des vaches. Les jardins sont soignés, les haricots ramés, les tomates sulfatées, oignons et salades sont plantés en rangs serrés. Certaines bâtisses anciennes portent des écussons sculptés. Nous ne trouvons pas la maison de
Calderon de la Barca signalée par le guide. C‘est un des rares auteurs espagnols que je connaisse, nous avons vu récemment à Ivry, La Vie est un Songe. Difficile de photographier les maisons carrées qui ne donnent pas d’angle à la prise de vue et s’imposent d’un bloc dans le cadre de l’image.
Valle de Cabuerniga Valle de Cabuerniga est moins soigné, des maisons neuves altèrent l’unité architecturale. Ces balcons travaillés sont vraiment communs dans de nombreuses régions de montagne, en Espagne, en Suisse, à Chypre ou en Turquie. Après Cabuerniga la route s’élève à un petit col à 600m. La montagne plantée d’eucalyptus embaume. Au col, on se dirait en haute montagne, prairies et pente couverte de fougères. Un troupeau et des chevaux paissent sous la surveillance de chiens très dissuasifs. Nous nous engageons sur une piste de cailloutis sur les crêtes pour une promenade.
Au retour, nous visitons
Ruente, encore un beau village cantabrique et sa « curiosité géologique » la
Fuentona : une résurgence d’eau très claire bien mise en valeur dans un petit parc vert aménagé avec des petits ponts et des bassins.
Nous profitons de la fin de la soirée à la plage où nous dînons en regardant les nettoyeurs en combinaisons blanches faisant la chaîne pour remonter les sacs du bord de l’eau au parking. C’est un travail épuisant, leurs va et vient sont incessants. J’aurais envie d’en savoir plus.
Enfin, ballade sur le port où nous trouvons un sentier qui borde la falaise. L’horizon est dégagé, illuminé par une belle couleur orange qui baigne Comillas, les silhouettes de l’université Pontificale, du château et des villas cossues.