Mardi 5 Juin à 19 Heures. Arrivée à l'aéroport de Washington. En réalité il est 1 heure du matin et nous sommes déjà mercredi 8 en France. Nous devons d'abord "subir" les formalités de douanes (deux heures d'attente) avant de récupérer nos bagages. Fatigue! Nous allons directement à notre hôtel à Bethesda, un quartier plein d'espaces verts avec de belles maisons particulières qui apparaissent entourées d'arbres et de jardins. Pas loin de chez nous, un grand institut médical célèbre où des savants français viennent faire des recherches et sont souvent retenus par les Etats-Unis qui leur offrent ce qu'ils ne trouvent pas en France, salaires faramineux et argent pour la recherche.
Mercredi 6 Juin le matin. Nous découvrons que notre hôtel se trouve assez loin du centre ville. Il faut environ 3/4 d'heure de métro pour s' y rendre. Peu de lignes, pas besoin de se casser la tête pour choisir sa destination, par contre, il faut sortir de polytechnique (pas moins) pour apprendre à se servir des machines automatiques qui délivrent des cartes rechargeables. Si l'on n'a pas mis assez de sous, il faut aller faire le plein à la machine ou plutôt le vide (du porte-monnaie) car mon Dieu que c'est cher! Heureusement, nous résolvons le problème, après tâtonnements, en achetant une carte pour la journée au prix de 6$50 mais qui n'est pas valable avant 9H30 le matin. Et moi qui bout d'impatience et veut être à l'ouverture des musées à 10H et bien je n'y arriverai pas! Je piaffe d'impatience!
Enfin départ pour le centre au sens strict puisque le Capitole est le centre exact de la ville de Washington qui est divisée en quatre depuis le milieu du bâtiment. Je m'arrête à l'Union Station, une gare monumentale dont la façade a été construite à l'imitation de l'arc de triomphe de Constantin à Rome. Inaugurée en 1908, mais disproportionnée par rapport au trafic de voyageurs, elle est restée une gare mais accueille désormais une centaine de boutiques, un marché, des manifestations culturelles. Devant la gare, une immense place circulaire sur laquelle s'élève le Columbus Memorial, un imposant monument à la mémoire de Christophe Colomb (c'est fou ce qu'ils adorent les Mémorials dans ce pays!!) .
C'est mon premier contact avec Washington. Tout est à une autre échelle dans cette ville. On sent la volonté d'en imposer, d'exalter l'idée de grandeur et de puissance. C'est réussi mais c'est froid. Je suis impressionnée mais cela ne me touche pas! Je pense en traversant cette place au charme, à la "personnalité" de certaines villes qui vous gagnent au premier abord, les villes coup de coeurs, celles de l' Italie Toscane ou ombrienne par exemple, ou encore Venise , bien sûr, l'inimitable Serenissime, Prague et ses palais baroques, ses tours et ses horloges, Paris, l'île Saint Louis, sa cathédrale se mirant dans les eaux de la Seine, Séville, la Blanche croulant sous le jasmin...
Je traverse la Capitole Hill, site choisi en 1791 par l'architecte Pierre l'Enfant pour établir le monument sur cette colline, grand espace vert, parcs où s'élèvent de nombreux bâtiments historiques : Library of Congress, Folger Shakespeare Library...
Lorsque j'arrive au pied du Capitole, je me retrouve, le souffle coupé, minuscule, devant l'édifice en marbre d'une blancheur éclatante et l'immense coupole couronnée par la statue de la Liberté qui se dresse tout là-haut, loin dans le ciel. Je m'étonne d'être seule devant un des plus célèbres monuments du monde, à l'exception d'un couple qui s'éloigne rapidement. Et pour cause! Je suis entourée, en bas, de cars de police, en haut sur les vertigineuses marches de l'escalier qui monte vers la Cour Suprême, de policiers, mitraillette au poing... et tous me regardent. Unique touriste! Pour me donner une contenance, j'ouvre mon sac... - tous les yeux se braquent sur moi,suspicieux - et je sors mon guide, je lis attentivement (en fait, je fais semblant car je ne me sens pas tout à fait à mon aise) et puis je bats en retraite doucement l'air innocent (mais seulement l'air car je me sens suspecte, coupable même!), je contourne l'édifice et me retrouve bientôt devant le Capitole (et non à l'arrière) au milieu de la foule en liesse, d'écoliers galopant dans tous les coins, d'adultes au garde à vous devant le Symbole de l'Amérique, la larme à l'oeil pour la photo de la postérité. Je suis rentrée dans les normes, j'ai rejoint le troupeau, je suis sauvée!.
Le Capitole c'est le siège du congrès, c'est à dire du sénat et de la chambre des députés, le symbole donc de la démocratie américaine. Le bâtiment central surmonté de la rotonde, de 55 mètres de haut, une des plus hautes du monde, est flanqué à gauche de la Cour Suprême des Etats-Unis qui, avec son monumental portique de colonnes corinthiennes et son fronton triangulaire semble un immense temple grec. Il n'y a pas à dire, cela a de l'allure! A droite, un bâtiment symétrique a abrité la Chambre du Sénat au XIXème et constitue, à l'heure actuelle, une des pièces importantes du musée. On peut le visiter mais j'ai préféré donner la priorité aux musées d'art car je n'avais pas assez de temps pour tout faire.
Devant cet ensemble, des milliers d'élèves de tous âges et de tous les états débarquent, accompagnés de leurs professeurs. On y prend des photos solennelles de groupes avec pour fond le Capitole. Les écoliers sont tous en "uniformes" mais pas à la manière des institutions catholiques françaises, en bleu marine. Non! Ils ont des Tee-shirt décontractés au nom de leur établissement et arrivent par grosses vagues rouges, vertes ou jaunes rendre hommage à la démocratie américaine. C'est étrange, ce que l'on ressent, ici, un sentiment oublié en France, fierté de son pays et conviction d'appartenir à une grande nation. Plus tard quand je visite le World War II Memorial, une foule se presse, de vieux messieurs tenant un petit drapeau américain à la main, arborant des médailles, des plus jeunes, casquettes avec drapeau, vissée sur la tête. Devant la grille de la White House, même foule empressée. Il est vrai que la maison blanche, harmonieuse, au milieu de son grand parc arboré vaut le coup de d'oeil. Les Archives des Etats-Unis qui conservent les textes de la Constitution draine une file d'attente interminable, des cars déversent des milliers de personnes et là encore affluence des écoles.
Je suis partagée. Je me méfie à fond du nationalisme qui envoie les jeunes gens s'étriper une fleur au fusil et ce sentiment de supériorité qui habitent les Américains m'agace prodigieusement mais en même temps ce doit être agréable de se sentir appartenir, y compris pour les gens d'origine étrangère, à une même communauté nationale et d'en être fier, ce qui protège des communitarismes tout aussi dangereux que le nationalisme. Je ne peux m'empêcher cependant d'être surprise et un peu dubitative devant toutes ces manifestations de patriotisme. C'est certain, en France, ce sentiment n'a plus cours; il est vrai que les deux boucheries mondiales du XXème siècle nous ont donné à réfléchir!!
Visite du Capitole Métro Capital South ou Union Station
ouvert du lunidi au samedi
de 9h à 16h30
visite guidée pour les groupes de 40 personnes maximum toutes les 30 minutes
Distribution des billets d'entrée à partir de 9H
Gratuit
passeport exigé
site
www.aoc.govwww.senate .govwww.house.gov