Que ce soit pour parfumer ou parer les femmes, le henné a été de tous temps le cosmétique le plus employé , participant à l'embellissement au même titre que les fards, que ce soit en Egypte où les chevaux de Ramsès II étaient teints au henné, au Vietnam où les femmes se teignaient les dents, en chine les ongles .
Au Maroc la pose du henné se fait à diverses occasions dans la vie des femmes, étant chargé d'un pouvoir extraordinaire, comme celui de repousser les mauvais génies. Le Henné, générateur de bonheur fait échec aux menaces, au "mauvais oeil".
Incontournable en vertu de ses pouvoirs, il marque tous les rites de passage de la vie.
Avant la naissance de son enfant, la jeune femme fait appel à la
hanaya qui va lui poser henné et amulette à la cheville pour les protéger tous les deux. Les femmes s'enduisent les cheveux pendant la grossesse. A la naissance le henné servira à la cicatrisation de l'ombilic. Pour sa toilette le nourrisson sera enduit d'huile et de poudre de henné. Plus tard lors de la circoncision, le henné sera encore présent.
Pour les petites filles qui dès l'âge de sept ans peuvent faire leur premier jour de ramadan, cette longue journée est consacrée à la pose du henné. Plus tard on procèdera à la pose du henné sur les paumes de mains et la plante des pieds de la jeune fiancée selon des dessins traditionnels extrêmement fins telles des dentelles.
"
Je vous jette du henné pour que vous me laissiez en paix"
c'est par ces mots que la femme du Moyen Atlas chasse les mauvais génies de la maison en entrant pour la première fois chez son mari.
enfin à la mort le henné est saupoudré sur la tête du défunt.
Ainsi le Henné accompagne toute la vie.
Bibliographie : "Le Henné, plante du Paradis", de Michèle Maurin. Garcia edition Eddif.