FLORENCE Octobre 1968 Après l'inondation 1968 ! Nous trouvons une cité souffrante, encore sinistrée, léchant ses plaies. De grandes souffleries sont installées dans les fondations de Sainte Maria Novella pour en chasser l'humidité qui remonte et ronge les murs. Les belles fresques de Ghirlandaio sont en restauration et le resteront pendant des années. En 1966, en effet, l'Arno en crue a débordé, déteriorant les églises, submergeant des milliers d'oeuvres d'art, arrachant les panneaux de la porte de Ghiberti, cette porte en bronze doré si belle que Michel Ange l'a nommée la porte du Paradis. Les panneaux disparus ont été retrouvés. Ils sont en mauvais état et en cours de restauration. C'est pourquoi pendant des années la porte originelle sera remplacée par une copie exacte. Il a fallu longtemps à Florence pour se remettre de la catastrophe.
2005 ! Nous visitons le musée du Dôme. Des panneaux de la porte de Ghiberti y sont exposés mais le texte qui les présente est équivoque. Nous ne parvenons pas à comprendre s'il s'agit des copies exécutées après les inondations ou des originaux. Dans ce dernier cas, la porte que les touristes admirent sur le baptistère ne serait pas authentique?
Au demeurant, ce beau musée relativement peu visité, est très intéressant pour les amateurs de sculpture. Restauré, modernisé, il conserve des oeuvres des grands maîtres de la Renaissance.
Dans une salle, la Cantoria de Donatello, remarquable, fait face à celle de Della Robia. Cette dernière est saisissante dans la représentation prise sur le vif d'enfants musiciens qui chantent et dansent dans toute la gloire de leur jeunesse.
Parmi mes statues préférées, la Sainte Madeleine de Donatello, en bois, au réalisme étonnant. Les mains jointes, le visage émacié, le corps décharné par une vie de pénitence, elle n'est plus cette belle et jeune pècheresse aux longs cheveux blonds que les artistes ont aimé à représenter. Oeuvre de vieillesse de Donatello, elle incarne la condition humaine face à la souffrance et la mort. Et puis il y a aussi, la Pieta de Michel Ange avec Saint Nicomède, Marie et Sainte Catherine, un groupe de quatre personnages soutenant le corps sans vie du Christ.