15h30, la pluie a cessé. House of Dun est une très belle maison géorgienne ouverte à la visite (billet très cher : 8£ pour les adultes, 5£ concession). C’est le célèbre architecte d’Edimbourg Adams qui a dessiné la maison. Une haie de Séquoias Wellingtonia géants (38m) protège la maison. Grosse bâtisse carrée, des colonnes encadrent le perron, sobre et classique. Attenante, une cour bordée des maisons basses des communs, au centre de la cour une curieuse ronde de tilleuls taillés comme des charmilles. On entre dans la cour en passant sous une tour de l’horloge. La façade regardant vers le parc est agrémentée d’un escalier aux ferronneries délicates, dessinant une courbe et portant des fleurs en abondance. Un petit labyrinthe en bus, taillés, termine la terrasse qui domine les prés et dessine une perspective jusqu’au bassin de Montrose.
Le château est encore meublé. Certaines pièces conservent l’ordonnancement original d’Adams de 1750 d’autres ont été refaites à la période victorienne. La famille Erskine possédait le château. Le châtelain le plus célèbre devint le Roi George IV, entouré de sa maîtresse et de leurs neuf enfants, représenté sur un tableau ornant la salle à manger. Devenu roi, il se maria à une princesse autrichienne qui ne lui donna pas d’héritier. Les neuf enfants considérés comme illégitimes ne pouvaient pas régner. Victoria fut donc désignée comme reine.
L’une de ses filles Augusta était une véritable artiste qui a marqué le château de ses talents : broderies sur les panneaux et les rideaux, jardins merveilleux. Le château nous raconte la vie à l’époque victorienne, de l’éducation des enfants aux passe-temps aristocratiques : chasse surtout et aussi pêche, jeux de société mais aussi un théâtre miniature tout à fait merveilleux. Des centaines de figurines avec une tête en porcelaine et des vêtements richement décorés. On manipulait les poupées avec des tringles qui glissaient dans des fentes du parquet de scène. Certaines pouvaient également tourner.
Le théâtre de marionnettes exerce sur nous une étrange fascination qui vient peut être du plus profond de l’enfance Les crèches de Trapani ou mieux celles de Naples avec leur foule de personnages décrivent mieux la vie d’antan que de solennels portraits accrochés aux murs. Le théâtre de la House of Dun représente plutôt des féeries : Cinderella ou Ali Baba, pas de témoignage documentaire mais un miracle d’ingénuité et de richesse des costumes.
Avec le retour du soleil nous allons nous promener dans les jardins fleuris en abondance et dessinés par Augusta.