A 6heures, le ciel est tout bleu. Une belle journée en perspective ? Le mari de Kath nous sert le petit déjeuner. Il a été marin et a parcouru le monde du Venezuela à Odessa. Nous ne l’impressionnons guère avec nos voyages touristiques ! Maintenant il voyage pour présenter ses chiens à des concours canins. Je lui promets une recommandation sur VN. Leur B&B vaut vraiment le détour. Il est ravi.
Nous montons sur le viaduc de chemin de fer démantelé. De là nous avons une très belle vue sur l’embouchure du fleuve Esk, les dunes, les prés et les champs.
Je poursuis le « nature trail » de la réserve de Saint Cyrus commencé hier dans les dunes. Le chemin passe entre des ajoncs et des aubépines maintenant défleuris. Les géraniums sauvages sont éclatants et les campanules violettes flashent avec leurs clochettes ramassées en bouquets fournis. Des lapins détalent ? Le pêcheur a étalé ses filets qu’il répare.
- « Que pêchez vous ? »
- « des saumons, deux fois par jour avec la marée. »
- « où es vendez vous ? »
- « Ils partent en France »
- « nous apprécions beaucoup le saumon écossais ! »
J’aurais aimé poursuivre cette conversation. Si rare pendant ces vacances écossaises ! ici, les gens sont aimables. Ils saluent le promeneur par un « Hello » chaleureux ou glissent une remarque polie et anodine « what a lovely day ! » qui me désarçonne un peu. Je n’aurais jamais pensé que cette matinée brumeuse et fraîche puisse être qualifiée de « gorgeous ! » ou de « wonderful ». J’ai du mal à partager leur enthousiasme. On conclue avec philosophie un jour de pluie incessante « au moins, c’est mieux qu’en Angleterre ! Pauvres gens inondés ! ». Jamais l’échange ne va plus lin que ces considérations météorologiques. C’est pour cela que la conversation avec notre logeur et avec le pêcheur prennent tout leur prix.
Le sentier monte sur la falaise, puis se poursuit en corniche jusqu’à la pointe. Sur les rochers de la plage, je vois une colonie de cormorans.