Pictavia, centre d'Information A quelques kilomètres de Brechin sur la route A90 Pictavia est un centre d’Information sur les Pictes. Difficile de qualifier Pictavia de musée. Il ne renferme que quelques pièces authentiques et quelques répliques en plâtre. C’est du grand art de faire venir les visiteurs quand on a si peu à montrer. La mise en scène doit être spectaculaire. La visite commence donc dans un couloir obscur arrondi où on a inscrit la chronologie de l’Histoire des Pictes commençant à l’invasion romaine en 79 AD. Ce sont les Romains qui ont donné le n om de Picti. Elle se termine en 848 avec la victoire de Kenneth Mac Alpin et la fondation du royaume d’Ecosse. On visionne une vidéo assez générale moins intéressante que celle de Rosemarkie. On débouche dans un autre couloir semi circulaire décoré par une fresque représentant la bataille de DunNechtan où les Pictes vainquirent le roi de Northumbria. Cette fresque est inspirée d’une pierre d’Aberlemno. Dans la salle suivante on peut jouer avec des ordinateurs : apprendre les différents symboles gravés, localiser les différentes pierres, résoudre des énigmes…Finalement on aboutit dans la salle d’exposition pour ne pas découvrir grand-chose. Difficile de s’émouvoir devant des moulages en plâtre après toute cette débauche de virtuel ! Et pourtant je suis admirative : si peu de choses connues sur un tout petit peuple qui n’a laissé que des gravures et quelques objets usuels et pourtant nous avons passé une bonne heure sans nous ennuyer.
Pictish trail Nous ne sommes que plus impatientes de rencontrer les vraies stèles sur le terrain. Comme dans les Highlands on nous a donné au musée un « Pictish trail ». L’étape suivante est tout près :
Aberlemno sur la route B9134 reliant Brechin à Forfar, 6 ou 7 miles plus loin. Trois pierres dressées nous attendent sur le bord de la route sur un tapis vert vif et sous un ciel tourmenté, nuages d’orage mais soleil brillant. Elles sont beaucoup mieux mises en valeur qu’à l’intérieur d’un musée. Nous reconnaissons les symboles, le serpent, le croissant, les double disques…les scènes de chasse et les croix décorées. La quatrième stèle se trouve dans le cimetière entourant la petite église. Elle est vraiment très belle. L’église nichée dans un vallon, est très dépouillée comme celle de Nigg. Nous nous promenons parmi les tombes sur la pelouse verte. Je remarque l’inscription : « décédé à Turin, 1918 », je gamberge, je mélange les guerres mondiales. Turin n’est pas en Italie, c’est le nom du village d’à côté ! Comment je peux inventer des choses en voyage ! Je remarque un détail et mon imagination se met en route. Méfiance !
La route Picte nous emmène à
Forfar, agglomération assez grande pour que nous nous perdions. Forfar dont je n’avais jamais entendu parler me semble au nœud de toutes les communications de l’Angus : il y a la route de Montrose, celle de Dundee, celle d’Arbroath, de Brechin…
Dernière étape de la journée : le
Prieuré de Restenneth sur la route de Montrose dont il reste une tour carrée haute et très simple, des pans du mur du chœur et pas grand-chose de l’Abbaye. Encore une ruine poétique et très ancienne puisqu’elle fut fondée par Nechtan, roi Picte 706- 724 AD.