Pierre de Shandwick La pierre de Shandwick est, elle aussi, érigée au milieu d’un champ. Un abri de verre la protège des intempéries. Décoration de toute beauté, encore des bosses et des scènes de chasse. Malheureusement séparés par une vitre on ne sent pas l’intimité avec l’œuvre. On la voyait beaucoup mieux sur la vidéo de Rosemarkie !
Pique nique Le cadre est idéal, un parking donnant sur une plage de sable clair, de belles pelouses, des tables et des bancs. Nous sommes très bien installées pour la salade de pommes de terre thon et olives. Au dessert un gâteau sponge avec de la crème au citron.
Sous un soleil voilé – mais soleil tout de même – j’arpente la plage le long de la mer du nord. C’est la première fois que l’horizon n’est pas limité par des terres. Nous sommes sur une pointe entre le firth of Cromarty et le firth of Dornoch. Le Firth of Moray est ici très ouvert. Ciel d’ardoise, crêtes bleuies et mer très brillante, miroir reflétant le soleil lumineux. Une famille a relevé aux genoux les pantalons des survêtements. Ils portent des seaux et des épuisettes. La mère et la fille sautent à pieds joints dans les vaguelettes. Trois jeunes gens plus téméraires sont en maillot de bain, ils ont gonflé un canot pneumatique. Seuls se baignent les labradors.
Stèle Hilton of Cadboll Nous traversons Balintore : quelques maisons au bord de mer et un petit port. La stèle se trouve au milieu d’un vallon, quatre jardiniers tondent l’herbe. Derrière la pierre, les vestiges d’une ancienne chapelle sont cachés par la végétation. La véritable pierre a beaucoup voyagé : en 1676 elle a servi de dalle funéraire à Alexander Duff et à ses trois femmes, puis elle a été transportée au château d’Invergordon, enfin elle a été exposée au British Museum. Maintenant elle se trouve à Edimbourg. Sur place sa réplique n’a que 7 ans. Elle n’a pas encore reçu la patine du temps. Même si la copie est fidèle elle est trop neuve pour être émouvante. C’est pourtant une sculpture très intéressante représentant une princesse à cheval et des cavaliers partant à la chasse.
Dans les champs les céréales sont presque mûres : orge ou seigle ? Difficile de le dire de la voiture. Le pictish Trail est ici balisé avec un pictogramme aux entrelacs pictes. La piste nous mène à l’église de
Portmahomack, long bâtiment blanc coiffé d’un court clocher qui se détache sur le ciel gris du haut de sa butte verte. A ses pieds, des fouilles archéologiques : un rectangle découpé dans la terre très noire. Trois archéologues travaillent. Une jeune fille dégage doucement un trou avec une sorte de truelle pendant qu’un garçon prend des notes. L’église de Tabat a été transformée en musée. Les sépultures pictes contenant encore des ossements sont recouverts d’une plaque de verre. On voit de très belles sculptures : deux vaches et un veau, la mère lèche son petit, c’est précis et touchant. De nombreux panneaux, des photos, des écrans racontent les fouilles ou la vie du village. Nous avons été des touristes studieuses jusqu’à présent mais notre attention arrive à saturation. Nous regardons tout cela distraitement. Il est temps de s’aérer.
Promenade au phare La balade au phare est la bienvenue. Une allée abritée par des ajoncs très hauts nous mène à la pointe fleurie de bruyères. Il en existe au moins trois sortes dont une à grosses clochettes roses pâle que je n’ai jamais vu ailleurs. Les rochers de grès rose ont été sculptés par la mer. La stratification est bien visible. D’ici aussi on guette les dauphins à la jumelle. Des arlésiennes !
Nous rentrons par Tain, encore une pierre gravée au cimetière, inscriptions peu lisibles. Sur l’A9 le trafic en direction du nord est très chargé, départs en week end ou en vacances. J’ai oublié de parler des panneaux bilingues depuis Cromarty, lettres noires en Anglais, vert en Gaélique. Les noms sont imprononçables. Arrêt au Tesco de Dingwall. La soirée se termine devant la télé : concert Beethoven.