Un nuage bas envahit la vallée juste à notre retour à 18heures. La fête du village sera-t-elle annulée pour cause de pluie ? Non ! bien sûr ! On a installé une plateforme bâchée avec une toile cirée verte qui sert d’estrade sur la grand place du village juste en face du Fis hand chips « the Friary » (allusion au Prieuré) qui ne désemplit pas. Les familles se sont abritées dans les voitures garées sur la place dînant de frites, de poisson ou de glaces en attendant le spectacle.
Un accordéoniste, Frankie, essaie de mettre de l’ambiance. Il joue des airs écossais très connus, des marches, des polkas. Les gens se trémoussent sur place mais personne n’ose se lancer.
Nous piétinons une bonne demie heure avant que les petites danseuses n’arrivent sous des capes en nylon rouge ou violettes, chaussées de sabots en plastique rose ou bleus. Toutes ont les cheveux tirés en un chignon rond très haut sur le crâne, elles portent des kilts ou des jupes plissées sur des jupons blancs avec un justaucorps de velours assorti sur un chemisier blancs à manches bouffantes. Les plus vieilles ont peut être douze ou treize ans mais les plus jeunes ont à peine 5 ans. Le musicien est un piper de 13 ou 14 ans en grande tenue. Les danses ont des chorégraphies compliquées mais paraissent terriblement monotones aux non-initiées que nous sommes. Les petites filles se penchent très bas pour une sorte de révérence avant de commencer. Elles lèvent les bras et font des entrechats. Deux plus grandes dansent sur des sabres croisés. Nous attendons les cornemuses. Pour nous faire patienter Frankie a repris l’accordéon avec plus de succès, des toutes petites filles dansent pour imiter leurs aînées, même des petits garçons se laissent entraîner.
Les cornemuses ne jouent pas un morceau pour nous, elles défilent avec les tambours descendent la rue principale, exécutent un demi tour de revue militaire au bout de la place de façon à repasser une deuxième fois, demi tour ! Et nouveau passage. En regardant bien on voit que de nombreuses femmes portent le kilt, différence au niveau des chaussettes, les hommes ont glissé un gros couteau, presque un poignard