Musée du Tribunal de Cromarty Le Musée installé dans le Court House a reçu de nombreuses distinctions. L’attraction principale est la reconstitution d’une audience au tribunal au 18ème siècle. Dans la salle historique des mannequins parlent et même se meuvent à notre entrée. Le shérif a l’air vivant. La présentation du tribunal n’est pas une attraction gratuite. Elle veut démontrer les différences entre juridiction anglaise (Commonlaw) et la juridiction écossaise avec l’individualisation de la peine (comme dans le Droit Français). C’est cette différence dans le Droit Ecossais qui permettait aux jeunes couples de se marier sans le consentement des parents. Autrefois, en 1969 Eti et Tchouka avaient fait le voyage d’Ecosse pour se marier. Ce n’est qu’un élément de visite parmi d’autres.
On a aussi reconstitué la prison Des objets donnent une foule de détails.. Une autre figure animée fait revivre Sir Thomas Urquhart, châtelain de Cromarty au 17ème siècle, traducteur de Rabelais, gentilhomme excentrique.
Histoire de Cromarty Une cassette vidéo raconte l’histoire de Cromarty La prospérité de Cromarty au 18ème siècle est due à une situation géographique exceptionnelle : un port naturel permettant d’abriter nombreux navires. Le châtelain entreprenant : George Ross (1760) favorisa l’implantation de trois usines : une fabrique de clous, une brasserie et une filature de toile de chanvre, importé de saint Petersbourg. Ces usines, en plus de la conserverie de harengs et l’abattoir de porcs faisaient de Cromarty une ville très prospère. En plus du château de George Ross on construisit de belles demeures en grès rose. Cette industrialisation draina les paysans des Highlands. Certains d’entre eux ne parlaient pas Anglais. George rosse construisit pour eux la chapelle Gaëlique. Des épidémies en 1830 puis l’arrivée du chemin de fer en Ecosse scellèrent le destin de la petite ville. Les voies d’eau avaient perdu de leur importance. La petite ville s’assoupit vers la fin du 19ème.
Actuellement Cromarty ne vit pas que du tourisme. Une nouvelle industrie s’est développée : la construction des plateformes pétrolières dans son Firth très profond. Un énorme tanker passe sous nos yeux, escorté par deux remorqueurs.
Nous avons aussi appris, dans la reconstitution de la prison, ce qu’était la Disruption (1843), scission de l’Eglise écossaise. L’Eglise Libre réclamait que les prêtres soient choisis par les fidèles et non par les autorités. Ces querelles religieuses semèrent de véritables révoltes. Une femme fut emprisonnée puis libérée sous la pression populaire. Ces schismes expliquent peut être le grand nombre d’églises dans le pays. Ce qui est le plus étonnant c’est l’utilisation actuelle des lieux de culte. On ne les laisse pas fermées comme en France. On les transforme, souvent en galerie d’art, parfois en restaurants ou en salle des fêtes qu’on peut louer pour faire des parties. L’installation d’une cafétéria dans la cathédrale saint Gilles ù l’ofice se déroule régulièrement ne choque personne. La délicieuse odeur de bacon m’a paru inédite dans ce lieu du culte !
Légendes L’histoire du village ne serait pas complète sans les légendes de géants, de sorcières et de lutins. Deux géants, les
Stutors, deux collines symétriques, gardaient l’entrée du Firth. J’en ai gravi un dimanche.
Nous étions passées devant deux belles maisons sans nous douter non plus qu’elles fussent hantées.
Quant à la Femme Verte, celle qui fait mourir les bébés, les enlève pour les remplacer par les Changelings, j’aurais dû suspecter son rôle quand j’avais déchiffré les pierres tombales et vu que tant d’enfants étaient morts en bas âge
Visite de la Ville Enfin, un audio guide est prêté pour la visite de la ville. On a imaginé que Hugh Miller - une autre célébrité de Cromarty, un maçon devenu géologue puis journaliste – serait notre guide. Ce stratagème donne de la vivacité au commentaire.
Nous reprenons la promenade de dimanche dernier « accompagnées » par Hugh Miller qui nous raconte la vie au début du 19ème siècle à l’époque de la prospérité quand les rues étaient très animées.