Cromarty, nom qui m’a longtemps fait rêver quand une voix féminine récitait les avis de la météo marine comme un poème : « Cromarty, Forth, Humber, Dogger… » , zones de la Mer du Nord que je n’ai jamais su localiser »Mer belle à agitée, avis de coup de vent, tempête… »Cette litanie chaque matin éveillait en moi des envie de voyage, une nostalgie de navigations lointaines.
Il fallait donc visiter Cromarty !
Un prospectus très bien illustré avec des gravures anciennes vante les charmes de petit port de commerce très actif au 18ème siècle. Il avait connu alors une prospérité qui lui permit de construire un tribunal surmonté d’une tour avec un dôme, une demi douzaine de belles maisons bourgeoises à étage sur de grands jardins. Le long de la côte se serrent les petites maisons des pêcheurs formant des venelles pittoresques. A la pointe : un phare transformé en laboratoire marin de l’Université d’Aberdeen.
Des gloires locales sont célébrées ici, entre autres, le Géologue autodidacte
Hugh Miller qui découvrit des fossiles de poisson et étudia les grès roses au milieu du 19ème siècle.
Pique nique devant le fjord : carottes râpées et truite de mer, shortbread écossais.
Nous parcourons avec plaisir les rues anciennes fleuries et soignées. Hélas, les musées coûtent cher (5£ chacun et il y en a deux) je n’aurai pas le temps de me promener si je leur consacre une visite sérieuse. Quel dommage de s’enfermer par un si beau temps ! Et bien ! le monsieur avait eu raison avec son « Nice day ! »
Nous faisons une rapide visite à l’Eglise Presbytérienne entourée de son cimetière herbu. La plupart des pierres tombales sont recouvertes de verdure, de mousse ou de pelouse. Les stèles de grès ou de granite penchent. Sur l’une d’elles, encore lisible, je découvre que sont inhumés une petite fille morte à deux mois, sa petite sœur de quatre semaines, un petit frère de quelques semaines, un autre enfant de deux ans…Combien d’enfants fallait il mettre au monde pour en garder un vivant ? L’église Presbytérienne est très sobre : entre deux grandes fenêtres, la chaire de bois cirée entourée de partout de bancs enfermés dans des sortes de cellules. Toute la nef face au pasteur en est pleine mais aussi les transepts. Dominique a compté que 500 paroissiens pouvaient s’asseoir en bas. Au dessus, des tribunes, « poor loft » sont aussi encombrées. Pas d’orgue, un harmonium modeste.
Je choisis la randonnée au soleil. Les sentiers de la presqu’île Black Island sont très bien indiqués. Sur un panneau, un topo donne les temps de marche. Je choisis 4miles et environ 1H30 une promenade qui monte au south Sutor qui s’appelle aussi la balade des 100 marches. On apprendra ensuite que les deux sutors : North et south sont les deux collines qui gardent l’entrée du firth de Cromarty, personnalisés par deux géants bienveillants. Le sentier est très bien entretenu il monte en corniche le long de la mer. J’ai vite chaud et tombe K Way et pull.
Retour au gîte de Beauly à 18H. pas question de s’enfermer par cette magnifique soirée estivale ! Notre gîte est très cosy, il lui manque un jardin ou une terrasse. La Riverside Drive longe de loin le Firth, pas de banc en face de l’eau. Nous en trouvons un dans l’enceinte du Prieuré de Beauly et je reste jusqu’à huit heures pour écrire.