Au réveil, le ciel est voilé, 14°5 au thermomètre de la voiture.
Exploration des environs
Ferry street va jusqu’à la rivière. Elle est bordée de cottages mitoyens avec de jolis pignons, des façades de grès rose et des jardins soignés. Au coin ils ont même installé un cerf en ciment grandeur nature. Nous passons devant le Prieuré de Beauly, fermé à cette heure ci, belles ogives gothiques dans du grès rouge, la nef a perdu son toit ce qui donne des ruines romantiques. L’Office de tourisme est aussi une boutique de souvenirs. Dominique avise des flacons bleus à la citronnelle :
- « y a-t-il des moustiques ? »
- « non, des midges », la dame prend un air très ennuyé.
- « quand sortent ils ? »
- « après la pluie, j’espère que vous ne les rencontrerez pas. Fermez les fenêtres de la voiture ! »
La dame nous recommande le circuit de Black Island de Muir Or à Cromarty. Black Island n’est pas noire, elle serait plutôt verte si le qualificatif n’était pas déjà pris par l’Irlande. Ce n’est pas une île non plus, plutôt une presqu’île entre deux firths.
Nous suivons le rivage sud qui regarde vers Inverness avec de belles vues sur la ville et son pont routier. Nous ferons la boucle en retournant par le nord avec un décor de lignes de crêtes grandioses à l’horizon.
Nous sommes d’abord déçues par la banalité de la campagne très verdoyante, vallonnée coupée de forêt de sapins, pins ou bouleaux.
Les jardins d’Avoch Petit port le long d’une plage de galets. Les jardins croulent sous les fleurs. Des roses embaument. Les pavots doubles violets méritent une photo. C’est un vrai plaisir de détailler toutes les variétés des fleurs. La végétation a plusieurs semaines d’écart avec celle de la région parisienne que nous venons de quitter. Le printemps tardif a fait exploser les seringats, roses lavaters, campanules, fuchsias et chèvrefeuilles qui présentent un floraison surabondante. Tout le monde est très poli et nous dit bonjour.
-« Nice day », hasarde un vieux monsieur.
Beau temps écossais ! C’est vite dit. J’ai mis un pull en shetland (pour faire couleur locale), j’ai remonté la fermeture-éclair de mon coupe-vent jusqu’au menton. L’absence de pluie mérite sans doute qu’on la salue. Le ciel est toujours laiteux et le faible soleil n’arrive pas à percer.
Fortrose Jolies villas, une église en grès rose sur une terrasse herbue dominent l’escarpement. Un massif de lupins bleus fait une tache colorée. Les propriétés ont l’air cossu avec leurs grands jardins enclos de murs et leurs magnifiques pins.
Chanonry point Rosemarkie est séparé de Fortrose par un petit cap. La route qui y mène traverse un golf très fréquenté ce dimanche matin. Un écriteau prévient que le club de golf ne sera pas responsable des dégâts éventuels des balles sur les voitures. Attention aux balles perdues ! Nous expérimentons ici pour la première fois une spécialité écossaise : la route à voie unique avec « bypass » des petits refuges élargissant la chaussée où il se convient de se ranger pour laisser passer le véhicule qui arrive en sens inverse. Bel exemple de courtoisie britannique : cela marche à grands renforts de sourires et de gestes amicaux. A Chanonry point, le parking est bondé. Chacun a sorti ses jumelles pour observer dauphins, phoques et oiseaux marins. Pour les dauphins, ce sera difficile, la marée est basse.
Pour la première fois en Ecosse, je peux me livrer à mon sport favori : la marche le long du rivage. Le vent d’Ouest est très fort. Je ferme soigneusement la capuche du coupe-vent, regardant avec envie les personnes prévoyantes qui sont équipées de casquettes, écharpes et bonnets (je rappelle qu’on est en juillet). Je pourrais rejoindre par la plage le village suivant si Dominique savait comment s’y rendre en voiture.
Rosemarkie Rosemarkie est un village ravissant avec un pub photogénique, une belle plage aménagée, des promenades balisées et un petit musée des Pictes – peuplade ancienne, premiers habitants de l’Ecosse. Je brûle de connaître les Pictes. Fermeture hebdomadaire, il faudra revenir un autre jour !