Jeudi 22 Février :Prazeres – Paul do MarDirection de l’ouest, sous le soleil, par vent d’ouest. Nous trouvons quand même le moyen de nous égarer et de quitter la route haute. Toujours la course avec les nuages qui commencent à arriver vers 10H30. Heureusement, nous savons qu’il fait nettement meilleur sur la côte sud, nous avons de meilleurs atouts que les jours précédents !
Une grande descente vers la merLa ballade commence devant un hôtel immense, donc bien indiqué. Le petit sentier en zigzag coupe les courbes niveau perpendiculairement sur la carte sur 600m de dénivelé, et le commentaire « pour marcheurs sportifs » m’intimident un peu. Ici, comme partout à Madère, le marcheur est chouchouté : le sentier est pavé de petites pierres et des marches confortables ont été construites. Des oxalis poussent dans les interstices. Après la pluie les pierres sont sûrement très glissantes, mais aujourd’hui, il fait sec. Il suffit de descendre doucement.
Si l’exploit sportif n’est pas encore pour aujourd’hui, le paysage est grandiose. Le sentier serpente au flanc d’une étroite vallée dans une faille recoupant l’empilement des coulées volcaniques. Sur le versant opposé, de toutes petites terrasses sont suspendues presque à la verticale. Par où sont passés ceux qui les ont construites ? Plus je descends, plus je découvre des couches de laves colorées, des grottes, des basaltes gris foncé homogènes, des scories tantôt violacées tantôt orange. Parfois des couches fines passent du jaune au noir en rubans de couleur. Tout cela dans le plus grand désordre. Les cheminées verticales recoupent le tout comme d’énormes filons gris de basalte à prismes horizontaux (perpendiculaires au filon). Sans parles des cassures, des effondrements, des énormes blocs déversés en équilibre, des petits pitons en relief. A la surface de ce chaos, la végétation s’accroche tant bien que mal. D’énormes figuiers de barbarie se détachent. Les joubarbes s’installent directement sur la roche. Des petits arbustes à tronc de plantes grasses ( ?) forment des obstacles beaucoup plus coriaces que prévu. Les oxalis sont surprenants. Les cascatelles dévalent des dizaines de mètres, peut être encore plus…
J’arrive près de la mer d’un bleu vert très profond. Je fais signe à Dominique sur la jetée mais il me faudra encore cinq bonnes minutes pour descendre la rampe.
Alignées sur su quai pavé, neuf petites barques colorées. Une très belle chute d’eau alimente un ruisseau invisible entre les galets de la plage. Une femme frotte et y rince sa lessive puis l’étend sur les galets.
Nous achetons des sandwichs que nous mangeons au bout de la digue. Ensuite, bronzette. Le vent est très frais mais à l’abri, le soleil chauffe. Deux heures plus tard, la lavandière est toujours à l’ouvrage.
PrécipiceLa route de l’Ouest grimpe en épingles à cheveux, passe par trois tunnels. Nous retrouvons le joli restaurant « Précipice ». A l’arrière de la salle nous nous installons sur un petit balcon. Nous y sommes très bien, au soleil, à l’écart et au calme et surtout abritées du vent de l’ouest qui souffle fort. La vue est magnifique : à nos pieds, la mer et les terrasses de bananiers. Nous commandons un café (« una bica »), Dominique bronze, je sors Le Monde. J’adore lire le journal, à la terrasse d’un café à 2000km de chez nous. Un bébé chien, rondelet, pataud, blanc sale à taches marron, quémande des câlins et mordille avec ses dents de lait. Nous lui versons à boire dans une soucoupe. Il lape maladroitement, laissant retomber son museau dans l’assiette, tant il est petit. Joueur, il tire les cordons de mon pantalon vert, s’attaque au sac à dos – là, je me fâche car il mordille les boucles en plastique. Des Suisses viennent déranger notre bronzette. Nous leur commentons nos balades mais ils ne nous donnent aucun renseignement en retour. Le patron du café est aimable. J’essaie mon Portugais. Cela ne marche pas trop mal. La serveuse parle bien Français. Le patron sort ses jumelles et attire mon attention sur un couple de faucons qui volent de concert. Leur ballet est bien orchestré. Peut être s’agit il d’une parade nuptiale ?
Le vent a viré au nord, les nuages s’accumulent. La mer est très belle tachetée d’ombres et de reflets de lumière. Nous remballons juste quand un nuage s’installe au dessus de nous.
Nous empruntons la route côtière avec ses tunnels, ses petits villages au bord de plages de galets. Nous essayons de la poursuivre après
Ribeira Brava, évidemment, on se perd. Dominique s’énerve. Retour à Ribeira Brava et via rapida !