Autoroute jusqu’à Ribeira Brava puis droit sur le nord dans l’étroit défilé aux pieds des grands pics, tunnel. A la sortie du tunnel, le beau temps a disparu et les nuages s’accumulent.
Bonne surprise : à côté de la nouvelle route qui s’enfonce de tunnel en tunnel, il reste l’ancienne route en corniche une cinquantaine de mètres- peut être moins- au dessus de la mer, toute proche. On roule en sens unique et nous ne voyons que très peu de voitures. Nous pouvons donc profiter du paysage et même nous arrêter. La falaise est presque verticale, colonisée par des joubarbes à plateau très décoratives, des capillaires et des fougères. Des cascades très hautes se déversent sur la route, j’en compte une bonne douzaine. A Seixal, retour du soleil. Nous allons sur la minuscule jetée voir les vagues qui se brisent. La route continue, taillée dans la falaise.
A
Porto Moniz, nous retrouvons des terrasses cultivées abritées par des murs de bruyères sèches.
Nous montons à
Lamaceiros à la recherche de la Levada da Central da Ribeira da Janela (promenade N°41) facilement repérable à la citerne où aboutit la levada. Celle-ci est assez large, bien remplie d’une eau claire. Les abords sont bien entretenus : on a planté des hortensias (très peu de fleurs) et des agapanthes. Le chemin est bon. On a installé des tables à pique-nique. Nous y faisons une pause. Un pinson nous rejoint et attend visiblement qu’on le nourrisse. Je pose un petit morceau de thon sur le banc. Il l’emporte plus loin. Une femelle se tient à l’écart. Pendant que le mâle attrape un papillon, la femelle emporte le reste du thon au loin. Pendant presque toute la promenade une bergeronnette nous accompagne, ou plutôt, nous précède, sautillant sur le bord du canal puis s’envolant avec ce vol si caractéristique. Nous la retrouvons u n peu plus loin. D’autres pinsons viennent à notre rencontre.
Nous marchons à l’ombre de grands lauriers. Mousses et fougères tapissent la falaise. Certaines frondes sont géantes. Nous avons l’impression d’être dans une sorte de jungle.
Nous rencontrons les ouvriers qui entretiennent la levada à midi. Certains dorment. D’autres ont allumé un petit feu pour faire des grillades .Deux caravanes d’allemands nous barrent le chemin.
« Siffler en travaillant ! »
Les temps ne correspondent pas à ceux du topoguide et manquons de repères pour suivre notre progression sur la carte. Après avoir marché 2H10 nous découvrons le tunnel qui marque la fin de la ballade .Il ne par^t pas très long malgré les 10 minutes annoncées. On voit le jour au fond. Je ne résiste pas au plaisir d’essayer la traversée avec ma lampe de poche. C’est facile – à gauche, le rocher – à droite, la murette du canal – entre les deux, un bon chemin de terre. A l’arrivée : une merveilleuse cascade. Je reviens en chantant « siffler en travaillant » de blanche Neige et des Sept nains.
Pour déjeuner, le coin est humide et sombre. J’ai très faim.
Quand nous repassons, les ouvriers sont au travail. A la pioche, à la pelle et à la brouette, ils réparent une zone effondrée. Nous trouvons les végétaux vantés dans le topoguide : fenouil (très petit en cette saison) arbres fruitiers en tenue hivernale et finalement les passiflores : lianes qui recouvrent tout un vallon avec leurs fruits de la passion allongés : c’est la variété en forme de bananes.
Retour par l’intérieur
Retour par l‘intérieur de l’île : Quebradas et Fonte do Bispo devraient offrir de beaux panoramas si les nuages ne masquaient pas tout. Nous voyons une mer de bruyères arborescentes hivernales, de l’herbe très verte, des vaches en liberté. Le thermomètre de la voiture marque 6°C. Nous ne nous attardons pas. Le vent glacial renforce l’impression de froid.
Sur le plateau Paul da Serra les couleurs sont très vives. Lors de notre premier passage,
j’avais évoqué l’Irlande, aujourd’hui, c’est un désert de pierre, genre western.
Nuages, encore, jusqu’au Col après Bica da Cana et comme vendredi, le ciel se dégage. Il fait un temps magnifique sur la côte sud ;
Leçon de géographie appliquée : si nous cherchons le soleil, il nous faut rester sur la côte abritée du vent du nord qui apporte les nuages !