Une grosse barre de nuages stationne sur la mer. Hier, le directeur de l’hôtel, nous avait annoncé un temps nuageux, d’après son journal. D’après lui, cependant, le temps est imprévisible sur cette île. Nous décidons de rester à Funchal. De plus, il nous faut retourner au marché.
La Cathédrale de Funchal Sur la route du Mercado, nous visitons la Cathédrale. De dimension assez modeste, sobre de l’extérieur, murs blancs et parements de basalte gris foncé ornés de quelques motifs manuélins. Quand on entre, la nef paraît vaste, le plafond à caissons mudéjar est vraiment magnifique. Comme souvent, au Portugal, le beau retable, porte des dorures, des colonnes torses ornées de raisins, mais dans un registre raisonnable loin des surcharges baroques de Porto. Difficile d’adopter ici l’attitude du simple curieux. L’église est habitée. Les groupes du 3ème âge entrent avec force signes de croix et génuflexions, des Portugais prient. Il convient donc d’être discrètes.
Au marché Les poissonniers nous reconnaissent. Le marchand de sardine, étonné que nous n’en voulions que 12 en ajoute une treizième et pèse la livre. Celui qui a tranché le thon à la hache la dernière fois nous découpe des tranches fines au couteau mais il y en a deux fois de trop. Ceci, dans la bonne humeur !
Pour les légumes, je remarque qu’au rez de chaussée, les maraîchers vendent des produits locaux simples (carottes et oranges) tandis que ceux de l’étage sont surchargés de produits exotiques. Il vaudrait mieux acheter en bas. Nous cédons à la tentation de monter voir les étals colorés et d’acheter des fruits de la passion. Le marchand en découpe un pour le faire goûter. Il fait un assortiment qui nous reviendra à 2900$. Nous partons avec l’impression amère d’être tombées dans un piège.
Jardin Botanique
Nous entrons dans le Jardin Botanique par le Jardin des Perroquets. Je n’en ai jamais vu tant ! Ils sont splendides mais leurs cages au grillage gris et au sol cimenté sont bien laides. Seuls, les grands aras bleus ont droit à une grande volière avec des bananiers et des tonneaux pour nichoirs.
Nous restons de 11H à 15H au jardin botanique et terminons chacune une pellicule de 36 pauses. Le vent a chassé les nuages du matin. Il fait un soleil radieux et les fleurs se prêtent à la photographie !
Le jardin est planté sur une pente raide, des terrasses figurent chacune un thème différent. En bas, la pelouse des palmiers et un massif représentant la végétation des îles Désertas et Porto Santo, un autre les végétaux d Madère. Je suis un peu déçue par l’étiquetage, seuls les arbres sont identifiés, pas les herbacées. La beauté du jardin compense largement cette petite contrariété. Une autre terrasse est consacrée aux succulentes et aux aloès, très photogéniques par leurs fleurs surprenantes, leurs silhouettes et en macro les épines et les épaisses feuilles.
Nous déjeunons sur un banc. Funchal, son port, ses collines, la mer sont encadrés par deux buissons de strelitzias. Lézards et pinsons, très familiers, se tiennent à moins d’un mètre de nous.
Enfin, plantes agricoles, celles de Madère, bien sûr,mais aussi d’autres plus surprenantes : le café et le thé.
Je ressors du jardin avec l’impression qu’on pourrait cultiver n’importe quoi à Madère. La provenance des plantes acclimatées est universelle : Australie, Afrique du sud, Chine, Brésil ou Mexique….
La mer : Santa Cruz Nous avons envie de revoir la mer de près et de visiter la côte Est que nous n’avons fait que traverser. Le plus simple pour sortir de Funchal serait de prendre l’autoroute. Je demande conseil aux chauffeurs de taxi qui attendent le chaland à l’entrée du jardin en s’ennuyant. En Turquie, les taxis étaient nos meilleurs guides. Pas ici, pour blaguer, sans doute, ils nous envoient vers le haut de la rue alors que l’autoroute est bien visible en bas ; Mais, la logique des sens uniques explique peut être certains mystères. En tout cas, la cote est si escarpée que la Corsa cale dans un tournant. Je manifeste un geste de frayeur. Dominique est vexe et me le fera payer toute l’après midi. Nous continuons toujours vers l’est, mais par la montagne et arrivons à Santa Cruz vers cinq heures. Petite ville tranquille le long d’une plage de galets avec une petite église blanche dont le plafond peint ressemble à la carène d’u n bateau, très belles tribunes de bois également. Croquettes de poissons dans un salon de thé.
Machico, à la tombée de la nuit, nous assistons au retour des pêcheurs.
Après dîner nous nous promenons sur le bord des quais de Funchal illuminés par un beau bateau d croisière décoré de guirlandes. Nous remontons par les vieilles rues entre les murs blancs enfermant les jardins des Quintas anciennes, maintenant transformées en restaurants. Monumental et ses hôtels monstrueux, jardin exotique avec sa statue de Christophe Colomb.