A 7H30, des godillots de randonneurs nous réveillent. Il fait beau.
7H50, le soleil se lève juste en face de notre fenêtre.
Notre première expédition : randonnée n°6, 11km – 500m de dénivelée entre 900m et 1400m.
trajet vers l'ouest Avenue Monumentale, puis la voie rapide qui passe sous de nombreux tunnels. 15 km pour atteindre
Ribeira Brava, petite localité de bord de mer au bord d’une vallée étroite et profonde. Presque dans des gorges, les parois verticales sont à peine entamées par les terrasses cultivées. Nous revenons un peu en arrière sur la corniche, une petite route en lacets monte dans les bananeraies et atteint les villages de
Boa Morte puis l’église Sao Paulo. C’est la messe, de nombreuses voitures sont garées. Les hommes sont debout, sur le bord de la route.
La végétation change : nous passons un bois d’eucalyptus puis des mimosas en fleurs.
Fontes –
Fontes,950 m - est un gros village construit avec des maisons neuves à étages avec des balcons fleuris de grosses potées d’azalées mais aussi de curieuses chaumières aux toits pointus. Nous dépassons le village sans trouver où garer la Corsa jusqu’à une route forestière où nous comptons faire demi-tour. Un petit bus s’arrête et décharge toute une cargaison de randonneurs allemands très bien équipés : chaussures de montagne, bâtons de marche, et anoraks et sacs à dos. Le chauffeur leur donne rendez vous à 15H. Nous décidons de les suivre.
Rando en montagne Le chemin monte régulièrement, la piste en terre battue est souple et agréable sous nos pas. Il souffle un bon petit vent dans les eucalyptus qui embaument. Les randonneurs ont disparu. Nous suivons le chemin au jugé, maintenant bordé de châtaigniers. Les châtaigniers savent que c’est l’hiver, ils ont perdu leurs feuilles. C’est une curieuse impression que de changer de saison en cours de journée – à Funchal, nous étions en été avec des fleurs épanouies partout – nous voici, ici, revenues en hiver ! La route arrive à la maison forestière de Trompica. C’est bien le circuit. Simplement, nous l’avons pris à l’envers ! Nous voilà rassurées. Nous pouvons maintenant suivre notre chemin sur la carte et le topo-guide.
Les arbres ont laissé la place aux genets à balai qui sont plutôt secs. Sur le bord du chemin, des fagots attachés. Nous arrivons à un col. La vue est dégagée vers la mer, on voit des villages et des terrasses vertes. Des vaches paissent l’herbe parmi les genets. De l’autre côté, les montagnes sont impressionnantes avec des précipices, des falaises verticales. Les coulées successives alternent avec des niveaux oxydés rougeâtres. Même dans les Alpes, on ne voit pas de tels reliefs !
Nous nous arrêtons sur le bord d’une sorte de cuvette, au loin, les pics déchiquetés se détachent. On a construit des murettes hérissées de branchages entrelacés. Pour les animaux ou pour les gens ? Dans la cuvette, on devine des chemins et des petites constructions. Comment arriver là, Des rapaces planent, faucons et buses. A la jumelle, nous scrutons les alentours et retrouvons les randonneurs qui ont atteint un petit sommet marqué d’une borne géodésique. Ils redescendent en longeant une murette.
Des enfants viennent s’installer près de nous. Ils sont accompagnés d’un petit chien qui a l’air très inquiet. C’est l’avant-garde d’une troupe d’enfants emmenés par un instituteur muni d’un caméscope. Une gamine effrontée nous demande de l’argent « money ». Nous décampons et allons pique-niquer au deuxième col Nous sommes confortablement assises sur une banquette d’herbe protégées du vent qui souffle gaillardement. Dans une petite vallée, quelques maisons. Sur un éperon rocheux, de l’autre côté de la vallée, des éoliennes. Nous descendons par un bon chemin herbu. Le topoguide nous avait alarmées évoquant une montée éprouvante par un chemin poussiéreux. La descente se déroule mieux que prévu. Nous atteignons les terrasses, rencontrons une bergère avec ses quatre vaches et ses deux chiens jaunes. Elle enlève à la faucille les tiques accrochées aux oreilles de la vache. On échange quelques mots, je ne sais pas comment on dit vache ou tique en Portugais !
Les terrasses sont minuscules, deux mètres à peine plus de large, peut être une dizaine de long. Des abris ont de curieux toits de tôle triangulaires qui touchent presque la terre.
Nous allons voir la mer. Les villages sont coincés en bas des pentes. Pour y accéder : des tunnels, des rues à sens unique. Nous trouvons un parking à mi-hauteur. Je descends à pied. Dominique doit me rejoindre. J’atteins une petite station : quelques immeubles sur une corniche, un kiosque, des tables, quelques bancs. Grande animation : les voitures s’arrêtent, des cars déchargent des touristes. La mer fait rouler des galets gris sur la plage, deux hommes, torse nu se font bronzer. Le vacarme des galets n’incite pas à la baignade. Dominique n’arrive pas. Alors que je me préparais à remonter au parking après une bonne demi-heure, voilà qu’elle débouche d’un tunnel. Elle a parcouru une bonne dizaine de km sur plusieurs routes.
Le long de la côte, des bananeraies prospèrent. Tout l’espace est occupé. Pas un mètre gaspillé. Les maisons sont en hauteur, les terrasses fleuries. Quelques barques sont posées contre la digue. On sent la présence de la mer, pourtant inaccessible.
De retour à Funchal, Dominique fait trois fois le tour de la ville comme dans toute cité portugaise qui se respecte ! Je retourne au supermarché pour mes achats en euros.