Sur la Piazza della Minerva dans le quartier animé du Panthéon, l'éléphant du Bernin porte toujours son obélisque de pierre qui vient du temple d'Isis du champ de Mars. Il est l'attraction amusante, un peu insolite, de cette petite place dominée par la façade de l'église
Santa Maria Sopra Minerva, la seule église gothique de Rome.
Construite, comme son nom l'indique, sur les vestiges dun temple dédiée à la déesse, elle appartient à l'ordre des Dominicains et offre un intérieur remanié au XIXème siècle.
Là, se trouve le tombeau de Catherine de Sienne et surtout, dans la chapelle consacrée à Saint Thomas d'Aquin, les fresques de
Filippino Lippi qui ne sont pas sans rappeler celles du Duomo de Spolete que l'artiste a exécutées à l'âge de 14 ans, à la mort de son père Filippo Lippi, d'après les cartons de celui-ci.
La filiation artistique est plus qu'évidente, comme apparaît aussi les ressemblances avec Boticelli qui fut l'élève de Filippo et marqua de son influence Filippino.
La chapelle de Filippino Lippi présente sur le mur de droite des épisodes de la vie de Saint Thomas d'Aquin. Sur le mur du fond,
l'Annoncation avec, à gauche, un groupe devant le tombeau ouvert de la Vierge, à droite un autre admirant l'élévation de la Vierge et au-dessus
l'Assomption.
La Vierge au joli visage, couronnée d'étoiles, repose sur un nuage et est entourée d'anges musiciens.
Ce sont ces anges qui retiennent mon attention. Ils ont chacun dans les mains l'instrument de leur choix et je ne me lasse pas d'observer le moindre aspect de leurs parures, robes, rubans, chaussures, coiffures, une foule de détails extraordinaires, précis, réalistes mais aussi inventifs et fantaisistes, un plaisir pour les yeux, une fête chatoyante des étoffes et des couleurs, un paradis de la peinture sur fresque.