Voilà bientôt sept années que pour me présenter à ma belle famille ; je prenais pour la première fois de ma vie un avion grandes lignes. J’avais bien fait décoller et atterrir maintes fois un petit avion de tourisme mais, cette fois je mettais ma vie entre les mains d’un autre pilote… non sans inqiétude !
Voilà sept ans que je traversais le ciel de la Méditerranée pour me retrouver au Liban.
Est-ce le soleil, l’exotisme, le dépaysement qui vous y fait exister ? Je l’ignore, sans doute tout cela à la fois ; et comme beaucoup de gens, je craquais pour l’étrange et fascinant Pays des Cèdres. Un état amoureux, beaucoup d’indulgence m’influençaient. Mais pourqoi résister à cet enthousiasme ? J’étais comme un enfant devant les coffres d’un grenier… les ouvrir sur l’inconnu, le magique…Le liban est un coffre, un kaléidoscope de dix mille kilomères carrés. Jaillissent des monts luisants qui déversent leur eau et la roche vers une étroite bande cotière.
Cette aire, je ne l’ai pas parcourue entièrement. Au gré des visites familiales et quelques sorties touristiques, mes pas m’ont conduit surtout dans le Metn, le Kesrouan, la Qadisha et le Nahr Ibrahim. Parcourus aussi : la forêt de cèdres, Bcharré, Annaya et la Békaa, longue plaine fertile entre les deux massifs montagneux…