
L’Exposition Primitifs se trouve dans un bâtiment moderne en contrebas. C’est vraiment une exposition majeure. Le parti pris est de ne pas fractionner géographiquement les collections mais de regrouper les figures autour des grands thèmes de la vie. Nous entrons donc dans la salle « L’humanité, une histoire de couple », fécondité – symbole de vie. Nous découvrons avec plaisir les masques africains en compagnie de masques océaniens. Je m’attache plutôt aux statues Nago, Yorouba et Ewé et Fon que je photographie pour le club Bénin. Dans une vitrine on présente des statues des jumeaux ; ce serait bien si les élèves pouvaient faire une recherche avec le livre acheté à Ouidah qui raconte les traditions des Jumeaux et s’ils l’illustraient avec ces photos ! Les masques congolais, burkinabés ou maliens sont aussi très spectaculaires. Il faut revenir plusieurs fois à chaque masque pour découvrir des détails de la vie quotidienne, l’enfant sur le dos de sa mère sur un fétiche fon, le bureau sur un cimier Guédelé. Sur les murs sont projetés en noir et blanc des films ethnographiques : un curieux mariage au Kurdistan : ce sont les ethnologues européens qui se marient. Les femmes kurdes parent la mariée, les hommes du village procéderont au rapt traditionnel à cheval. C’est un beau documentaire qui semble quand même un peu déplacé – histoire de couple, oui, mais si loin des masques !
Le thème suivant « Affaire de famille », rites de passage – symbole du pouvoir. Au murs encore des films décalés, l’un d’une procession mortuaire à Ouessant, l’autre de l’Afrique de années 1950. Nous préférons nous consacrer aux statues africaines, souvent en groupe de personnages. Nous reconnaissons les récades des rois d’Abomey. Une curieuse barque emmène six esclaves enchaînés par le cou. Est-ce la barque de Charon ? Ou celle de la Traite négrière ?
Les autres salles « L’homme en son Milieu » rites agraires – culte de l’eau, « Dieux, génies et démons » _ rituels d’exorcisme – dialogue avec les esprits sont aussi très intéressantes. On reconnaît une statue vietnamienne Joraï dont on avait vu une homologue au musée de Hanoi. Une vitrine présente des poupées chamaniques d’Amérique du Nord habillées avec des plumes et des habits de peau nous a bien plu.
Les « Œuvres de Beauté » font une conclusion et présente des masques provenant de collections de Picasso ainsi que des peintures s’en inspirant.
Nous sommes éblouies par une exposition si dense. Comme d’habitude nous faisons un tour pour revoir les pièces qui nous ont le plus plu.