
La balade N°15 de l’Aber démarre à Tal ar Groas derrière l’école. On dépasse et on découvre un dinosaure grandeur réelle en métal peint en rouge et on se gare à la chapelle saint Laurent qui parait bien rénovée pour une chapelle en ruine. La ruine est un peu plus loin, il reste des arches fines qui se détachent bien sur le ciel bleu. Le Topoguide annonçait un chemin de terre puis, un chemin empierré ; je marche sur le goudron. Il n’y a pratiquement pas de balises si bien que je demande mon chemin à tous ceux que je rencontre. Deux filles à vélo ne connaissent pas les hameaux de Kerastrobel et de Trébéron que je dois traverser. Les chasseurs sont plus efficaces. Un groupe de bassets me barre la route en aboyant. Ils s’intéressent plus aux vaches et à mon passage qu’aux appels de leurs maîtres. La route traverse un groupe de maisons très jolies blotties sous les hortensias, les rosiers grimpants et d’autres buissons. Le toit est en chaume. Je photographie. Le « sentier » est une belle route passante. C’est un peu frustrant même si la vue sur la mer est belle. Une sorte de digue traverse l’aber : estuaire barré par un cordon dunaire où l’Aulne paresse en larges courbes. Les cormorans étalent leurs ailes, un héron est perché sur un arbre, une aigrette vole. Dominique m’attend sur la digue. Nous allons visiter un four à chaux datant du milieu du 19ème siècle. Gros bâtiment carré surmonté d’une tour ronde.
Traversant la route, nous allons pique-niquer juste en face de l’île de l’aber : le cake au thon paraît tout à fait approprié à ce premier déjeuner à la mer. A marée basse on passe dans l’île séparée d’une dizaine de mètre de la côte. Elle est truffée de galeries et de tranchées autour d’un fort de 1846. Les constructions militaires ne me branchent pas tellement. Je suis plus attentive aux indices de drames animaliers, ici un tas de plumes blanches, là des touffes de poils d’un lapin. Un drame a du se jouer. Quel a été le prédateur ? Si je remarque ces tragédies naturelles elles ne me touchent pas plus que cela. Il est normal qu’un renard ou qu’un rapace se soit régalé d’un lapereau ou d’un oiseau. Le chemin surplombe l’eau qui bat maintenant les rochers. La belle plage du Poul est encore dégagée mais le GR s’élève dans les bruyères vers les hauteurs de la Pointe du Guern. Les bruyères et les callunes sont toutes brunies, toutes cuites. Est-ce la sécheresse qui a sévi depuis septembre ou tout simplement la saison ? Les ajoncs, en revanche, offrent une nouvelle floraison. La pente est très raide : on grimpe d’une centaine de mètres. Le sentier court en balcon sur les falaises de Guern. Puis je traverse une pinède. Sur la pointe suivante, je vois la 206 bleue qui m’attend devant la plage de Trez Bihan. Je poursuis encore deux kilomètres plus loin, rencontre une toute petite vipère léthargique. La mer est haute. Nous rentrons par le chemin des écoliers vers Plomodierne.
En route nous passons à saint Nic Pentrez où nous avions passé les vacances de Février 1996. Reconnaîtrons nous le gîte ? La longue plage de Pentrez s’appelle la lieue de grève, sans doute est elle longue d’une lieue ? Une aimable animation s’y déroule : on loue même des chars à voile. Nous tournons en direction de la chapelle de saint Côme qui est vraiment charmante et je retrouve juste ensuite la cour de la ferme du gîte de Pennavouez.
Nous rentrons tôt sous le soleil.