Enfin le beau temps ! Nous cafouillons un peu pour trouver la route de l
’Ascension et ensuite la Réserve La Rouge-Matawin. Le Poste d’Accueil où il faut s’enregistrer est fermé. Dommage. C’est aussi l’endroit où nous pouvons être conseillées.
Nous décidons donc de ne pas quitter la route N°4 de peur de nous perdre. Cette route de terre est mauvaise, pleine de trous, de bosses et d’ornières. Le relief est très accidenté. Nous guettons les orignaux. A défaut, la rencontre avec un chevreuil serait la bienvenue. Personne. Absolument personne ! Des petits lacs figurent sur notre carte. Nous descendons sans les voir. Avec le beau temps, les moustiques sont de retour.
La végétation diffère de celle de Papineau Labelle. Moins de diversité, surtout moins de feuillus en dehors des bouleaux sur un sol sableux. Un panneau signale une montée raide. Quelle côte ! La voiture peine cahote et la route n’en finit plus de monter. Arès plusieurs kilomètres on finit pas comprendre que l’Ascension ne désigne pas la fête religieuse mais plutôt fait référence à la topographie ! On n’a rencontré personne. C’est tant mieux puisque que la piste étroite ne permet pas de se croiser. Si jamais la voiture tombait en panne personne ne pourrait nous retrouver. Nous ne sommes pas enregistrées !
Nous accordons un répit à notre Belle Américaine que nous malmenons, levons le capot pour qu’elle se rafraîchisse. Habillées de pied en cap (grosses chaussures, casquettes pour moi, KWay à capuche blanc pour Dominique) nous découvrons le plus gros buisson de framboises de mon existence. Nous nous rappelons que les framboises attirent l’ours. Interdit de plaisanter avec les ours ! D’autant plus que nous nous séparons pour trouver le lac. Heureusement qu’il n’est pas loin. Nous sommes seules dans une vraie immense forêt avec des ours et des loups. La voiture a le capot brûlant. Il est midi, les animaux doivent faire la sieste.
13h30 le long du Ruisseau Froid, le plus joli coin pique-nique qu’on puisse imaginer : une plage de sable, de l’eau claire, un oiseau chanteur. Salade de thon, maïs, tomates et chou.
Nous faisons des arrêts pour chercher les castors. Nous découvrons dans le sable la piste de l’orignal. Si on ne le voit pas en vrai nous avons au moins des preuves de son existence. Pour l’instant l’orignal rappelle le dahu de chez nous ! Nous suivons donc cette piste. Des Rangers – Garde-chasse (ou garde-pêche) en uniforme, arme à la ceinture ont repéré la voiture nous demandent:
- « l’avez-vous vu, l’orignal ? »
Il faudra aller se faire enregistrer au poste de Macaza. Les endroits sauvages sont fliqués ! En un sens c’est rassurant. Au poste de garde, nous allons donc nous présenter et demander l’emplacement des castors. Le garde nous demande si la route n’a pas été trop « rough ». Ils nous mettent en garde contre la cage.
- « On trappe les castors, pour nous ce sont des nuisibles qui construisent des dams qui inondent les routes… ».
Par la même occasion il nous indique le
Lac Ecuyer où l’orignal vient boire à la brunante. Nous trouvons facilement les étangs à castors, les barrages mais pas la hutte. De l’autre côté après avoir traversé un petit bois de petits épicéas (épinettes ou pruches) la hutte é norme saute aux yeux. Nous nous installons à l’affût. La lumière est très belle. Dominique découvre un « castor ». A la jumelle je découvre la petite tête noire fine de la loutre.. Nous avons le temps de l’admirer puis elle disparaît comme un chat. Nouveau barrage, on dirait une écluse, deuxième barrage, troisième… pas de hutte Dernier espoir : un sentier. Le chemin est barré par des troncs de bouleau. Je vois la marque du castor : des copeaux de bonne taille. C’est lui qui a abattu les bouleaux. Après avoir enjambé trois troncs nous le voyons tout près de nous qui nage tranquillement. Il me regarde bien on dirait qu’il me fait un clin d’œil. J’appelle Dominique ; il s’éloigne en plongée pour réapparaître plus lin. Nouveau manège : il frappe l’eau avec sa queue pour nous intimider ; il claque très fort. Comme la manœuvre ne m’effraye pas, il s’éloigne pour disparaître. J’ai loupé l’occasion de le photographier. Nous sommes ravies. Dominique déduit logiquement que trois barrages sans hutte indiquaient forcément un castor plus loin. Nous retournons au premier barrage. Le piège est bien visible. Un gros castor est debout justement tout près. Nous avons peur que notre présence le précipite dans la cage. Heureusement, il plonge dans un tourbillon de boue.
Nous faisons un arrêt à 19H30 au lac Ecuyer. L’orignal n’est pas au rendez vous.