Le Parc Oméga n’est pas une réserve faunique sauvage. C’est un vaste parc où des animaux sauvages sont concentrés dans des conditions de semi-liberté. La forte densité des populations animales permet des rencontres impossibles en liberté. Ce n’est cependant pas un zoo.
A l’entrée du parc, on nous remet un sac de carottes. Des wapitis (immenses cerfs) viennent à notre rencontre et réclament leur dû. Je me précipite pour les photographier. Au début, nous ne tenons pas compte de l’interdiction de descendre de voiture. Notre belle américaine nous joue des tours. Si je descends je ne peux plus remonter parce que la porte se verrouille automatiquement. Il faut que D déverrouille. Avec toutes ces grosses bêtes autour de moi, bien pacifiques, mais avec des bois impressionnants, j’aimerais pouvoir entrer en urgence. Un type me fait signe de remonter en voiture. Il était temps ! Nous arrivions à l’enclos des bisons (énormes) plus timides que les cerfs. Les cerfs font entrer leur grosse tête par la fenêtre dans l’habitacle de la voiture et nous bavent dessus. Les bisons sont moins insistants.
Les sangliers nous snobent. Les carottes ne leur plaisent pas. Ils préfèrent fouiller le sol et ronger des écorces. Les marcassins se bagarrent et jouent. Ils sont adorables. La mère les chasse de la tête un peu brutalement. Les petits couinent.
Les ours noirs sont enfermés dans un enclos. La mère a l’air de s’ennuyer un peu. Les oursons passent leur vie perchés dans de très hauts arbres. A chacun de nos passages, ils ont changé de place. Au premier, ils jouent parmi les feuilles, ensuite, ils dorment calés dans une fourche, les pattes pendantes, au dernier, nous les voyons descendre en plantant leurs énormes griffes dans l’écorce du tronc de leur perchoir.
Au début, c’est très excitant d’être entourées de si gros animaux. Ensuite, on s’habitue. La pluie est drue et continue. Nous faisons route vers les
Laurentides sous un ciel gris mais la vue est dégagée. Les montagnes semblent sortir d’un dessin d’enfant : petites montagnes pointues très boisées. Sur le bord de la route, des affleurements. Je n’y comprends rien Granite ? Migmatites ? Les Canadiens racontent que ce sont les plus vieilles montagnes du monde. C’est épouvantable cette manie du « plus-quelque-chose-du monde ».