Le petit déjeuner est un miracle de raffinement : dans un verre à pied décoré d’une tranche d’orange, une boisson crémeuse, un milk shake à l’orange et à la vanille. Dans une assiette garnie de tranches de melon vert, de brugnon et de kiwi, des gaufres en forme de cœur. Dans des petits pots, différentes confitures rhubarbe, fraises sirop d’érable.
Quelle route nous avons parcouru avec notre magnifique Pontiac rutilante ! 40 km de chemin de gravelles. Et s’il n’y avait que le revêtement ! Nous avons traversé de petites montagnes avec des côtes raides et des virages brutaux. C’est vraiment l’aventure dans ces bois touffus. A chaque virage, nous découvrons un paysage nouveau, un petit lac caché, d’eau presque noire, une mare peu profonde avec des nénuphars blancs et des renoncules géantes jaunes, des grandes étendues d’eau, des îles. Nous avons l’impression d’être loin de tout au milieu d’une nature sauvage. Impression un peu fausse. De nombreuses maisons sont cachées derrière les arbres : fermes avec des prés u’on fauche, maisons de bois peint, jardins fleuris.
Nous sommes loin de Toronto, la moderne. Les villages ont des supermarchés rudimentaires et les cabines téléphoniques fonctionnent avec des pièces. Ce n’est pas le Moyen Age mais pour téléphoner de l’autre côté de l’Atlantique il faut passer par l’opératrice.
Mayo, Centre éducatif forestier Parc aménagé dans une Réserve Faunique : des sentiers balisés dans une nature sauvage avec des panneaux explicatifs. Très jolie promenade de 2,4 km, descente très raide sur deux petits lacs où nous trouvons notre premier barrage à castors. Construction bien plus grande que je ne l’avais imaginé. De gros arbres ont été attaqués. La hutte à castors a un diamètre d’au moins 1,50m. J’attends avec impatience la rencontre avec des castors ! Nous sommes seules dans le par cet aux aguets ! Notre gibier est maigre mais nous sommes ravies : une écrevisse qui se promène au fond du lac, des têtards monstrueux d’au moins 5cm sans la queue, des perdrix qui ressemblent à des petites poules et des oiseaux que nous ne savons pas nommer.
Pour les grosses bêtes, il faudra encore attendre ! Mon plus grand sujet d’étonnement : les plantes. Je suis incapable d’identifier les trois quarts des espèces végétales. Je photographie des fleurs rouges éclatant sur une fine hampe (plante d’eau) et j’admire des sortes d’orchidées très gracieuses de couleurs très discrètes allant de vert pâle à rose.
Nous pique-niquons sur les tables placées à cet effet. Il est inutile de jouer les originales. Les tables sont tellement espacées que nous ne nous gênons jamais. La nature et tellement sauvage qu’elle est souvent inhospitalière. Cette fois ci nous avons tout prévu : jeans, antimoustique, blousons à capuche et les maringouins nous ont laissé tranquilles.
Après midi à Plaisance Petit musée des trois villages décrivant la vie des Indiens
Algonkins (nomades alors que les Hurons et les Iroquois étaient sédentaires). Autre salle décrivant la
coupe du bois : richesse de la région. Le bois était ré expédié en Angleterre. Vie quotidienne au village. Nous découvrons avec étonnement la persistance de la féodalité jusqu’au siècle dernier. Le seigneur achetait son fief pour y installer des colons. Le musée est plus remarquable par sa décoration plutôt que par le con tenu (un peu léger). Les murs sont peints de peintures naïves. Des oiseaux de papier mâché volent au dessus de n os têtes. Des saynètes de la vie villageoise sont représentées en pâte à sel. Intéressants collages sur de grands tableaux peints.
Chutes de la Rivière Petite Nation Bien sûr rien de comparable au Niagara. Cette rivière est quand même très grande aussi large que la Marne à Créteil (il faut peut être relativiser, elle semble en crue actuellement).
Retour au gîte vers 5heures. On nous sert le dîner sur la terrasse.