Nouvelle étape prévue : les Etats-Unis.
But de l’opération : passer le
Rainbow bridge, obtenir un tampon sur le passeport, chercher un coin pique-nique éventuellement visiter la ville et acheter des babioles.
Aucun problème pour passer le pont : 1.25$CAD.
On nous dirige vers un poste où un policier de carrure impressionnante nous prend les passeports. Aucune question concernant la voiture canadienne (ce qui me souciait le plus).
Comme je croyais les formalités terminées, je demande un tampon. La réponse est peu amène :
- « je ne le ferai pas. Un autre peut être le fera ! ».
Nous avons mal décodé le sens de cette phrase. Garons la voiture tandis qu’un policier emporte nos passeports dans un baraquement ressemblant à un poste de police. De nombreux touristes attendent assis sur un banc. Une affichette annonce que le visa n’est pas gratuit et coûte 6$. Les gens remplissent un long carton vert. J’ai peur que les formalités ne s’éternisent.
Enfin on nous appelle – par nos prénoms – "Marianne et Dominique" – étrange. Le douanier mesure au moins 1.90m, la carrure assortie, cheveux bonds en brosse. Il commence par me complimenter pour la couleur de mes yeux puis prend un ton officiel :
-« avant toutes choses je dois vous prévenir que le passage aux Etats-Unis vous coûtera 6$ ! »
Son ton était si cérémonieux que j’ai cru qu’il allait nous réciter la Constitution !
- "Peut on s’acquitter de ce droit en $ canadiens ou par carte de crédit ?"
Impossible ! Il n’y a pas de bureau de change. Il ne peut pas contrevenir à la loi. Tout cela sur un ton solennel.
On dirait que nous sommes des criminelles. Notre crime : ne pas avoir 6 $ américains. Il se fait menaçant :
-« Je dois vous faire un papier et ce sera long ! »
Ce n’est pas long du tout.
Nous obtenons un papier jaune et un imprimé blanc : nous sommes refoulées du territoire américain ! Une jeune policière nous prend en charge pour faire demi-tour entre deux rangées de bidons orange. Le retour sur le pont sera gratuit. Bien sûr, c’est un peu décevant. Cela nous fait rigoler. L’imprimé blanc de notre refoulement figurera dans l’album photo ! Déception : la police canadienne le confisque avec des airs soupçonneux. Non seulement on n’a pas pu fouler le sol étasunien mais encore on ne peut même pas garder de preuve de notre expulsion !
Pique-nique en face d’une attraction ridicule : une nacelle accrochée à un filin est suspendue au dessus des gorges.