Au réveil Le décalage horaire se fait sentir. A 5heures du matin, il fait jour. Pour nous, il est 11heures. Impossible de se rendormir. De plus, nous avons très faim. Nous avons envie d’explorer notre nouvel environnement. Par la fenêtre, le beffroi de l’Hôtel de ville de York, un pignon pyramidal coiffe un clocher aux cloches apparentes. A chaque heure le carillon sonne comme Big Ben. J’ai envie de sortir, je descends discrètement. Près de la porte toutes sortes de diodes lumineuses clignotent. La maison est sous alarme. Et si je déclenchais une sirène ? Il vaut mieux s’abstenir de toucher à la porte. J’attends sagement que Tom et Louise se réveillent.
Notre belle maison américaine Il nous reste quelques heures avant le départ de nos hôtes pour nous familiariser avec notre belle maison américaine. Le réfrigérateur est imposant. Il est garni de tout ce qu’on peut imaginer : crèmerie, confitures, fines herbes dans des sachets à glissières… J’ai honte : j’ai vidé complètement le nôtre avant de le dégivrer et de le nettoyer dans l’idée que nos « restes » pourraient dégoûter nos invités. Ils nous laissent tout et ne trouverons rien à l’arrivée à Créteil. Louise nous recommande de toujours utiliser la hotte aspirante quand nous cuisinerons. Le sol de la cuisine est noir brillant éblouissant, facile à entretenir. La somptueuse moquette rose moëlleuse me soucie un peu, Louise me montre le « boyau », sorte de tube mou, qu’il faut raccorder à la « prise » : nous sommes dans une maison « autonettoyante » la centrale d’aspiration se trouve à la cave. C’est aussi une maison « non fumeur » équipée de détecteurs de fumée. Pour en griller une, il faudra aller dans le jardin. Bien entendu, il y a l’air conditionné mais on peut aussi actionner de très beaux ventilateurs à larges pales si on préfère ouvrir les fenêtres et couper la clim. Innombrables « remotes » (télécommandes), pour ouvrir la porte du garage, pour la télé, ….le téléphone est illimité pour les conversations locales. Nos hôtes nous recommandent donc de ne pas nous priver. Toutes ces nouveautés m’étonnent. Les Canadiens seront aussi étonnés de notre maison primitive. Il nous téléphoneront pour demander comment ou allume la gazinière. Surprise de notre part : « avec les allumettes !! ». Et la Télé ? Il suffit d’appuyer sur le bouton. Ils hésiteront à utiliser ma petite R5 à vitesse alors que leur Chrysler automatique fera notre bonheur.
Dernier raffinement de la belle maison : le jacuzzi attenant à la chambre de Tom et Louise sous une verrière : nous pourrons nous baigner en regardant le ciel étoilé !