10H30 décollage par temps couvert. L'épais tapis de nuages se rompt au dessus de l’Atlantique à l’arrivée sur le Nouveau Monde. Terre plutôt aride, rabotée, présentant des ondulations ; des creux remplis d’eau…, des lacs se succèdent. Seul, le rivage paraît construit de villages. La végétation est rare, le rocher, souvent à nu. Terre Neuve ? (Aucune explication de la part des hôtesses).
A nouveau, la mer – la Baie du Saint Laurent ? – encore, les nuages. En descendant sur Montréal, des champs très régulièrement ordonnés en parcelles rectangulaires. Atterrissage en douceur salué par des applaudissements.
Montréal – Toronto, au dessus des nuages. A l’approche de l’aéroport, l’avion joue les manèges de fête foraine, descend, vire, remonte. Je vois avec inquiétude les ailes basculer. Je suis toute barbouillée. Juste le temps de saisir le petit sachet prévu au cas où.
Arrivée à Toronto Tom et Louise nous attendent, brandissant le catalogue jaune d’Intervac. Tom a une allure très américaine avec son large short et son chapeau. La Chrysler grise, un peu démodée, mais très vaste, roule sur la route 401. J’ai récupéré mes esprits. J’étudie le trajet, la couleur des panneaux sur l’autoroute dédoublée : au milieu la voie express, sur les bord le« collector ». En 20 minutes, nous atteignons « notre » quartier délimité au nord par Sheppard (travaux du métro) à l’Est par Yonge (la plus longue rue du monde). Une balise : le building Nestlé, immense cristal rhomboïdal de verre bleuté avec le logo Nestlé (un nid).
Le quartier est très tranquille : maisons individuelles en briques ou en bois sagement alignées derrière leur carré de pelouse. Dans les allées du garage jusqu’à quatre grosses voitures américaines sont parquées à la queue leu leu et sur le perron souvent deux chaises (pour surveiller les voisins ?).
Il est 15h, (heure locale), il fait beau. Pour nous, 21heures et nous sommes crevées.
visite de la maison Tout d’abord, visite de la maison. Au rez de chaussée une vaste cuisine et trois pièces de réception. Au centre la salle à manger occupée par une table vernie de 10 ou 12 couverts. De part et d’autre, deux salons meublés chacun de deux canapés blancs et d’une cheminée. Symétrie. A l’étage, trois chambres, trois salles de bain. Celle du milieu a une lingerie. Tom et Louise occupent la chambre du fond, la plus vaste. Nous sommes vaseuses, une sieste s’impose. Je dors profondément comme en pleine nuit. A mon horloge interne, il est dix heures du soir, une heure convenable pour se coucher. Tout juste une heure de sommeil suffit à me ragaillardir. Me voilà prête à profiter de notre première après midi au Canada.
Mr Greek Nous dînons tôt. D propose d’aller chercher quelque chose au Fish & Chips. Comme l’odeur l’avait écoeurée à Dalkey, en Irlande, je saute sur la proposition de Louise d’essayer Mr Greek. Nous choisissons des souvlakis et des calamars. Les souvlakis sont délicieux, les calamars, caoutchouteux. Le tout est servi avec de la salade dans un pot en plastique : laitue (surtout des côtes), des tomates, fêta, olives des frites très abondantes mais peu appétissantes. Un part suffirait pour deux personnes. Le prix est raisonnable 18$ pour 4 personnes. Les prix apparaissent sur la carte sans les taxes et sans le service. Impossible de préparer sa monnaie à l’avance !
A table, la conversation est plutôt décousue. Nous essayons de donner le maximum de renseignements à Tom et Louise pour qu’ils se sentent bien chez nous à Créteil. Ils en font de même mais nous sommes fatiguées et je ne me souviens plus de rien.