A chaque fois que je parcours les rues du Caire, je reste toujours étonné par cette frénésie de vie sociale qui caractérise cette ville, notamment dans ses quartiers les plus populaires : commerçants, artisans, cafés, marchés... toutes ces activités se mèlent et se mélangent dans un tableau d'une unité parfaite. Il ne manque plus que l''appel à la prière, en début de soirée, vers 18h00, pour compléter toute la palette de nos sens : Le Caire bouillonne. Ces milles métiers que l'on peut voir ça et là, - vendeurs de gaz ou de patates douces, porteurs de pain, surveilleurs de voitures -, ne cessent de me fasciner...
Je pense aux ambiances de l'impasse
Mortier, décrites par
Naguib Mahfouz dans son livre le
Passage des miracles, et je me dis qu'elles n'ont guère changé. Dans ces quartiers du Caire, le monde semble loin. Ici, ni mondialisation, ni CNN, ni francophonie. Nous sommes dans un univers qui semble mener sa vie de façon autonome.
Il y a aussi les cafés. Il n'en faut pas beaucoup pour assouvir le plaisir de la rencontre et de la palabre des cairotes : quelques chaises, des narguilés, des jeux, et le tour est joué ! On trouve des cafés absolument partout, et de toutes les tailles, y compris dans les lieux les plus improbables : sous de lugubres autoponts, au coeur d'un marché de poisson, dans des immeubles abandonnés...
Le Caire n'existerait pas sans les cafés. Ils font la ville depuis trois siècles.