Une semaine nous a permis de nous familiariser avec l’esprit des lieux : cheminées de fée, églises troglodytes. Un regret : ne pas avoir marché plus dans ces vallons magiques.
Cheminées de fée : la géologie me parle. J’aimerais en savoir plus sur la chronologie. Les guides touristiques sont flous, évoquant tantôt l’ère Tertiaire, tantôt les datant à 3 Millions d’Années. De même pour la pétrographie. Quelle est la composition des différentes laves ? Quelle a été la durée du phénomène érosif ? Je ne sais où trouver les réponses . Si Internet servait à cela, je m’abonnerais volontiers.
Eglises troglodytes : L’abondance des chapelles dans chaque vallée m’interroge ; Qu’est-ce qui avait attiré les moines ? La solitude des vallons encaissés favorisant la méditation et le recueillement ? Ou la protection de ces montagnes reculées ?
Révisions ! Nous sillonnons les routes des environs que nous connaissons bien maintenant : Göreme, Cavusin. J’avais repéré une église ** sur le bord de la route : le
Pigeonnier de Nicéphore Phocas. Les fresques sont de toute beauté, je ne me lasse pas de les contempler. D me demande comment je peux visiter église après église sans en être saturée. Au contraire, les images qui me semblaient toutes semblables et illisibles en Grèce l’an passé, puis si extraordinaires à Mistra, mais toujours aussi étrangères, commencent à devenir familières. Je repère les scènes récurrentes : Annonciation, Cène, Transfiguration, j’arrive à déchiffrer les noms en grec. L’an passé, j’avais l’impression que les peintres d’icônes utilisaient des modèles stéréotypés et hiératiques. La fréquentation de ces fresques me permet d’observer les différences, des comparaisons, de voir lesquelles sont naïves ou au contraires les plus expressives, de retrouver des personnages familiers.
Zelve Nous retournons à Zelve, où nous avions pique-niqué sous un abricotier. Zelve est un village troglodyte fantôme déserté par ses habitants. En 1952, des pans entiers de façades se sont éboulées. Trois petites vallées séparées par des collines trouées comme du gruyère communiquent entre elles par des tunnels. Je m’amuse comme une gamine à escalader des escaliers et des échelles pour découvrir les pièces des anciennes habitations, passer d’un niveau à un autre. L’ancien moulin possède toujours sa meule, les églises sont décorées simplement.
Nous retournons à Göreme puis à Ortahisar, nous cherchons sur la route les caves où l’on stocke les agrumes.
Orthahisar Ortahisar possède une
forteresse comme celle d’Uchisar. Il est déjà midi, et ne m’amuse plus de gravir des échelles sous cette chaleur. Le village est quelconque, bâti de béton, les vitrines des magasins sont fermées. Nous finissons par trouver une pizzeria qui cuit des pizzas turques allongée et nous les découpe avant de les emballer dans du journal. Nous les dévorons sous un noyer près d’un monastère creusé dans la falaise. Il comporte trois grandes salles et des pigeonniers très décorés de couleurs vives et de motifs géométriques.
Nous rentrons vers deux heures pour profiter de l’après midi à la piscine. Il fait vraiment très chaud et je m’offre le luxe d’un bain de nuit après un très bon dîner offert en l’honneur de notre départ par Izzet