La boutique du photographe se trouve dans une petite rue. Le photographe ne parle que le turc mais nous trouvons un interprète : le patron d’une boutique d’articles de pêche et de chasse qui vend des opinels juste de l’autre côté de la rue, parle français. Sur le pas de la porte, les commerçants boivent le thé assis sur des chaises en paille. Sur le trottoir, le café d’à côté apporte les verres sur un plateau. Le développement et le tirage sont à un prix dérisoire. Nous apporterons donc nos rouleaux.
De retour à la pension, je m’aperçois que j’ai mélangé les films usagés et les neufs. J’ai un doute pour la pellicule. Le magasin est plein : les clients sont assis sur des chaises un peu comme dans la salle d’attente d’un dentiste. Ils attendent patiemment leurs tirages en buvant du thé. Une femme parle très bien anglais. J’expose mon problème. Le photographe propose de couper seulement un petit morceau de pellicule pour savoir si elle a été impressionnée. Je pourrai m’en resservir si elle est encore vierge. Jamais on ne m’a proposé une telle chose ailleurs. Avant que je m’en aperçoive j’ai en main un verre de thé. J’attends avec les autres qui bavardent. La jeune femme est Roumaine, mariée à un Turc d’Antalya, elle a fui la canicule 56 ° - un four, dit-elle- Egirdir est en altitude au dessus de 1000 m et il fait presque frais .En moins d’une heure mes six pellicules sont tirées et je rentre à la pension Fulya pour le dîner.
Routards Nous dînons dans la salle à manger panoramique, toute vitrée sur la terrasse. A la table d’hôte deux couples Français sont déjà assis. La cuisine est familiale, salade de tomates, aubergine, du bar frit et un gâteau. Nous passons la soirée à discuter, souvenirs de routards, souvenirs de voyages, c’est sympa et surtout inattendu.