Méhmet, notre hôtelier, rondouillard et jovial nous a préparé l’addition : 45 millions. Je rajoute 5 millions de pourboire. Il nous confie des cartes de visite à l’attention de ses collègues d’Egirdir et d’Ürgüp.
La route de Pamukkale à Egirdir La route traverse des paysages variés : aux oliviers et à la vigne méditerranéens succède un paysage étrange. A droite de la route, un lac salé aux tons pastels, à gauche, une montagne ruiniforme pratiquement sans végétation. Puis la campagne se couvre de champs de blé jaune paille avec quelques arbres isolés. Les parcelles sont petites, on voit moissonner. Les machines ne sont pas dernier cri mais la mécanisation est générale, exceptionnellement quelques paysans remuent les gerbes avec des fourches de bois. Pas de meules visibles, que font ils de la paille ? Autour d’Isparta, le paysage devient montagneux, je cherche les champs de roses promis par les guides.
Après un col, nous découvrons le lac, très vaste, très bleu encaissé dans des montagnes assez pelées.
A l’entrée de la ville, un camp militaire très important, toute une presqu’île est occupée par une caserne. Egirdir est un gros bourg à maisons basses d’un ou deux étages aux façades assez sales, quelquefois recouvertes de tôles rouillées, une forteresse en pierre et en brique avec deux grosses tours rondes garde l’entrée de notre quartier sur la presqu’île et la chaussée reliant deux îles.
Dans la ville moderne il y a un beau bazar en pierre avec une entrée monumentale qui fait face à la mosquée. Ce qui est exceptionnel c’est la situation sur une presque île très fine et très longue s’avançant en flèche dans le lac.
Pension Fulya Nous sommes attendues : Mehmet a dû téléphoner juste après notre départ. Notre hôtelier parle français, la Pension Fulya est recommandée par le Guide du Routard. Nous grimpons deux étages (le premier est occupé par la famille) au second, autour d’une pièce de réception quatre grande chambres d’angle plus des petites. Notre pièce est blanche, propre meublée sans aucun souci de décoration, les meubles dépareillés n’ont aucune prétention à l’élégance. Encore une fois les doubles rideaux sont blancs et une portière en vichy masque la vitre cathédrale de l’entrée. Mais la vue est extraordinaire : deux fenêtres, l’une au sud donne sur les toits et le lac, l’autre à l’ouest sur un minaret et l’autre partie du lac. Cette double orientation permet de faire un courant d’air très frais..
Au dessus : une terrasse et une verrière.
Baignade au lac A midi, nous sommes installées et faisons connaissance avec un couple de Français.
Nous emportons un kebab dans du pain plat roulé emballé dans du papier gris à la plage. C’est dimanche, les turcs pique-niquent eux aussi sur les bords du lac, avec tapis, coussins et barbecue. Sous chaque arbre, une famille. La plage grouille d’enfants qui piaillent. Nous cherchons un arbre à l’écart sur une autre crique. Il n’y a que quelques hommes seuls, pourrons nous nous mettre en maillot ? L’arrivée d’une bande de jeunes nous rassure, quelques jeunes filles sont en bikini, puis des gamines en maillot à jupette (un long volant). Je profite de l’animation pour me jeter à l’eau. Dominique essaie de faire la sieste. De la musique turque très agréable s’échappe des maisons. L’eau est limpide et fraîche, je nage avec plaisir mais je ne peux pas rester très longtemps, assez vite j’ai froid. Les gamines nagent comme des poissons à côté d’adolescentes en pantalon, T-shirt moulant et coiffure moderne qui les regardent. Les petites gamines sont très effrontées et libres comme les garçons, la puberté doit être très pénible.
Tour en voiture le long du lac que la route de Konya surplombe en corniche, pas d’accès à l’eau. Nous trouvons une route de cailloutis qui descend à l’eau à travers les vignes, pommiers et cerisiers, ici non plus nous ne sommes pas seules : une famille embarque à 17 sur un canot à moteur. A mes pieds, un crabe.