De loin, nous découvrons la colline blanche, le « château de coton », mais à cette distance, elle n’est pas bien belle : on dirait un champ de neige en train de fondre.
Notre hôtel
Konak Sadé a beaucoup de charme. Il a dû avoir son heure de gloire il y a vingt ans, maintenant il est un peu déglingué. Cet aspect désuet me plaît plus que le clinquant du neuf. La bâtisse est un peu de guingois, la moquette très élimée. La chambre est petite mais elle donne sur le site . Toute la construction s’organise autour de la piscine de couleur turquoise alimentée en permanence par une rigole d’eau thermale descendant de la montagne. Un restaurant de plein air abrité par des canisses a de jolies tables et surtout des chaises habillées de tissu à fleurs froncé et retenu par de gros nœuds en ruban. Du côté de la rue les tables sont plus simples près du grill. Le petit côté du rectangle consiste en un « salon ottoman » dans un bâtiment en bois surplombant la piscine. Des banquettes sont recouvertes de tapis, des plateaux de cuivre forment des tables basses avec des narguilés, des poteries et autres cuivreries. C’est vraiment très pittoresque, mais il règne une chaleur étouffante. Le patron Mehmet, prévenu par celui de Selçuk, nous attendait. Il est rondouillard ; pieds nus, en bermuda. Chaleureux et efficace, il refuse de prendre nos passeports, « later », nous faisant ainsi comprendre qu’il veut que nous nous sentions plutôt des invitées que des clientes chez lui.
la montagne de coton La visite du site est vraiment une expérience : nous nous déchaussons et montons pieds nus dans l’eau tiède qui ruisselle sur les concrétions. L’eau coule dans une rigole et inonde les pentes blanches. Les piscines naturelles sont bleues turquoise. Le contact avec le calcaire est agréable sous les pieds, très doux et lisse quand il est solidifié, quelquefois en boue fine, parfois on sent de petites rides en relief. Nous suivons une file,quelques touristes beaucoup de familles turques avec enfants et grands mères, une femme voilée porte un énorme camescope et mâche du chewing gum, des familles entières font trempette dans le ruisseau. Des touristes posent dans les piscines devant les stalactites. C’est joli et amusant. Cela fait un peu procession mais nous sommes trop occupées à trouver le bon angle pour les photos ou tout simplement le bon endroit pour poser les pieds que la foule ne nous dérange pas.
En haut, on découvre l’autre côté desséché, des vasques vides. Spectacle désolant d’un site naturel en danger à cause des captages. La descente est acrobatique, nous avons peur de glisser.
Soirée passée à l’hôtel, piscine et dîner devant les concrétions qui s’éclairent lorsque la nuit tombe. D’ici, nous ne distinguons pas les vasques, on pense plutôt à une piste de ski.