La route d’Aydin traverse une campagne agréable, les oliviers sont souvent plantés avec des figuiers mélangés parfois même avec des agrumes. Dès que nous obliquons vers l’Est, le relief s’accentue, l’érosion a taillé dans les collines des formes bizarres : pentes très raides avec des sommets pointus, un peu comme les marnes de Provence, sauf qu’ici elles sont couvertes d’herbe sèche et jaune. Dans la plaine : du tabac mais surtout des vergers de pommiers et de pêchers.
Après Aydin, nous quittons la route principale et suivons une petite route de montagne qui nous mène à Aphrodisias à travers des forêts de pins et des villages tranquilles.
Aphrodisias Le site est très vaste. Sur le parking, un seul car de touristes, nous serons tranquilles.
Le théâtre est très complet. Il est différent de celui de Priène, à la mode romaine, l’orchestre est en creux, l’avant scène surélevée avec un joli portique complet, on voit les loges des acteurs.
Du haut des gradins nous dominons la place du théâtre et le gymnase qui a conservé sa colonnade. Les colonnes sont en marbre veiné de bleu, les chapiteaux sont très décorés, le dallage de marbre en parfait état. Je me promène seule, émerveillée du calme et de la beauté du site.
Les
thermes romains sont également en bon état. Nous sommes un peu blasées en ce qui concerne les thermes, les plus beaux, nous les avons vus à Rome : les thermes de Caracalla.
A côté, le
palais épiscopal montre la continuité entre le monde gréco-latin et le monde byzantin.
Un curieux monument : le
Tétrapylon dans l’alignement du
temple d’Aphrodite, c’est un double porte très finement décorée. L’abondance des éléments décoratifs, la luxuriance presque baroque des frises, des guirlandes de fleurs et de fruits ou les angelots ne se retrouvent nulle part ailleurs .Le conférencier d’un groupe parle de l’école sculpturale d’Aphrodisias. Le seul équivalent en plus sobre, nous l’avons vu à Corinthe. Nous faisons une halte sous un magnifique figuier.
La canicule de ces derniers jours a cessé. Un bon petit vent rend supportable les heures chaudes.
Dernière surprise : le
stade, bien caché par un remblai recouvert d’herbe sèche. On le découvre au dernier moment, intact, très long entouré de 32 rangées de gradins. On peut imaginer les spectateurs. On pourrait presque organiser des compétitions aujourd’hui sans rien modifier.
Nous sommes restées 3 heures en allant d’émerveillement en émerveillement et sans souffrir ni de la foule ni de la chaleur.
Dernière étape : le
musée. De nombreuses statues de divinités mais aussi de philosophe permettent de mettre des visages sur les silhouettes que nous imaginons déambuler entre les portiques, les monuments et la piscine.
Après Aphrodisias, la végétation change : montagne très pierreuse couverte d’une garrigue clairement, tantôt des champs de blé. Près des villages je reconnais l’aire de battage avec des tas de balle de blé, j’aurais aimé assister au battage, peut être en aurons nous l’occasion, les champs ne sont pas tous moissonnés.
Avant l’arrivée à Denizli, nous descendons, la route offre de beaux points de vue mais à trois heures de l’après midi la brume de chaleur réduit la visibilité : les montagnes se devinent à peine, tout est grisâtre. Ce n’est pas la bonne heure pour profiter du paysage.