
Sirinceest un ancien village grec dans la colline. La route traverse des oliveraies sur les deux versants de la colline très escarpée. Le paysage rappelle beaucoup la Crète. Je pense à Kazantzaki et au « Christ recrucifié » qui devait se dérouler dans les parages. Les turcs ont occupé le village en conservant la fabrication du vin et les maison très belles chaulées à balcons de bois en saillie sur la rue. Les inévitables pendillocheries de dentelles comme en Crète attendent le touriste dans la rue, mais à la mode turque : il y a un petit bazar couvert et surtout ici, un piège à touriste original : des femmes en pantalon bouffant coloré et foulard attendent les passants. L’une d’elle m’invite à visiter sa maison, nous la suivons au pas de course, elle propose du thé à la pomme, Dominique méfiante se défile, moi, curieuse, je veux profiter de l’occasion. On s’assied par terre sur des tapis, à peine arrivée, une jeune en jeans et T-shirt Nike déballe des dentelles mécaniques sans intérêt, tout est à 5 millions. Je saisis au vol la solution : » je n’ai pas 5 millions. »
Nous nous promenons dans les rues, sur nos gardes, c’est dommage parce que c’est très joli. Cette exploitation effrénée du tourisme gâche la promenade. D’autre part, c’est uniquement le tourisme qui préservera des ravages du béton un souvenir de ce qu’était la région de Smyrne du temps des grecs !