Le muezzin me tire de mon récit : il est 17h15. Si je veux visiter le Bazar qui ferme à 19 h, il faut me rhabiller. D; ne m’accompagne pas, repoussée par l’idée de la foule. Idée préconçue ! Le Grand Bazar est plutôt frais et aéré. Les boutiques sont soignées. Tout est propre et respire le luxe. Je traverse la section des bijoutiers sans m’arrêter. L’abondance des chaînes et des gourmettes ne me dit rien. En revanche, je flâne en dévorant des yeux les kilims et les tapis. Les vendeurs m’interpellent - comme il se doit - mais ils ne sont pas trop insistants. A l’un d’eux, j’explique que j’aime les très beaux tapis et que ceux qui sont très beaux sont beaucoup trop chers pour moi, il me répond :
- « pour le plaisir des yeux … »
En bons commerçants, ils savent distinguer l’acheteur potentiel du badaud. Habillée d’un T-shirt à trois sous, j’ai l’allure fauchée. Il en va de même du côté des antiquaires. Seuls les marchands de camelote importunent les passants. Finalement le Grand Bazar est un lieu reposant avec de la fraîcheur, de l’ombre, une grande propreté et un calme inattendu. Toutefois, s’y promener sans l’intention d’acheter n’est pas très drôle.
Au bout d’une petite heure je rentre sans omettre de visiter la mosquée « baroque » et la colonne brûlée « Cemberlitas » qui donne son nom au quartier. C’est un monument curieux, très laid mais portant une valeur affective certaine.