EMINONU Grande activité des ferries qui conduisent des hordes de gens sur la rive asiatique ou sur l’autre rive de la Corne d’Or. Nous avons quitté les splendeurs distinguées et aristocratiques du Sérail. La foule est beaucoup plus pauvre. Beaucoup de femmes sont voilées. Des enfants, pieds nus, font les poubelles pour récupérer du pain jeté. De tout petits bateaux à quai, très colorés, sont équipés de barbecue où grillent des maquereaux que l’on sert dans du pain avec des salades traditionnelles, le tout emballé dans du papier gris, pour 500 000 LT. Les serveurs sont costumés de gilets brodés d’or sur un tablier bigarré avec une culotte brodée.
BAZAR AUX EPICES Pas un arbre sur le quai, pas d’ombre, il fait très chaud. Nous cherchons vainement un banc pour faire une pause, regarder le plan. Nous traversons une route à la circulation d’enfer au péril de notre vie (on découvrira plus tard les passages souterrains) puis la gare des cars. Nous débouchons par hasard au Bazar Egyptien ou bazar aux épices. C’est un souk couvert très coloré. Des guirlandes d’éponges, de légumes séchés, des figues, sont suspendues. Dans des sacs, de la menthe, de la lavande et des poudres énigmatiques vertes, jaune vif, roses sont rangés en cônes colorés. Je retrouve des parfums et des arômes de café qui m’enchantent. Comme nous parlons français les vendeurs viennent nous serrer la main « Zidane ! » le foot !
YENI CAMII Le seul endroit calme propice au repos est la cour de la mosquée Yeni Camii. Nous nous asseyons un moment un peu intimidées. Fait il sortir les foulards ? J’aimerais bien fumer. Nous nous perchons en haut des marches à la sortie sans nous soucier de la nuée de pigeons attirés par une femme qui leur jette du riz. Rapidement, des vendeurs de T-shirts nous abordent par, 3 pour 50FF, c’est intéressant mais nous n’avons pas d’argent français. On choisit, marchande le prix, finalement on se retrouve avec un seul T-shirt pour 3.5millions. C’est l’arnaque ! Le marchand me fait remarquer en riant que je suis couverte de fiente. Quelle horreur ! Le foulard islamique couvrira habilement la crotte, je me change dans les WC publics et passe le T-shirt neuf.
Retour par des rues en montée, puis en descente, nous sommes harassées par cette journée bien remplie après une nuit blanche.