Si Knossos m’a déçue, Phaistos, lui, m’a enthousiasmée. Certes les visiteurs sont nombreux mais le site est moins envahi que celui de Knossos. Les recherches archéologiques ne sont pas encore terminées et se poursuivent tout autour sur une grande étendue. Nul doute que depuis ma visite elles ont dû progresser. Ici, pas de béton, pas de reconstitution, mais la pierre encore intacte. Le site lui-même est splendide, surélevé au-dessus de la campagne environnante, encadré par les montagnes, dans un écrin de verdure. Au loin, le miroir de la mer. Il fut habité il y a maintenant plus de cinq millénaires par, dit-on,le fils d’Europe et de Zeus, Rhadamante. C’est là, d’après la légende, que serait née l’institution du code de Rhadamante qui aurait plus tard inspiré la Grèce.C’est là, aussi, que fut retrouvé le célèbre disque de Phaistos que j’ai vu au musée d’Héraclion.
J’ai été étonnée de voir que le palais royal est au coeur même de la cité, non surélevé par rapport aux masures populaires. Les échoppes d’artisans et les magasins s’adossent à ses murs. On y retrouve encore les jarres qui contenaient les marchandises et d’immenses citernes ou réserves d’eau. Le palais s’organise autour d’une cour centrale où aboutissent toutes les pièces. Il faut faire un effort d’imagination pour deviner à quoi toutes ces pièces correspondaient et comment vivaient les gens à cette époque, aussi la visite est-elle passionnante ! Ces vestiges, avec le mégaron du roi et de la reine,présentent encore les bains lustraux. Les appartements étaient éclairés par des puits de lumière maintenant rebouchés. On peut comprendre d’où vient la légende du labyrinthe et du minotaure car tous ces couloirs forment un dédale fantastique. Plus loin, le théâtre est remarquablement conservé. Les gradins descendent vers un grand espace qui servait tour à tour de scène ou de cour ouverte, lieu de réunion.