Chaque matin, à 5 heures, alors qu'il fait encore nuit, des hurlements s'échappent des hauts parleurs du village. Bien avant que le coq se mette à chanter, c'est la voix de Hanoï qui résonne dans les rues. Dehors comme dans la maison, doucement, naturellement, la vie s'organise. Comme si les hauts parleurs n'existaient pas.
Nous sommes arrivés dans le village il y a 5 jours. Nous sommes au Vietnam, au sud-ouest d'Ho Chi Minh ville. Si près de la tumultueuse métropole et pourtant si loin.
Autour de la maison, les rizières s'étendent à perte de vue. Elles sont d'un vert éblouissant. De petites digues retiennent l'eau dans laquelle pousse le riz. Dans cette région proche du Delta du Mékong, l'eau ne manque pas. Partout des bras de rivières qu'il faut traverser sur de vieux bacs pour gagner le village voisin.
Dans les villages du Vietnam, les rizières appartiennent aux ancêtres. Des petites tâches blanches et grises, couleur ciment. Des tombeaux. Alors que chez nous, on cache les morts derrière de longs murs, au Vietnam, les morts ont leur place parmi les vivants, en plein cœur des rizières.
Au fil des promenades et des discussions, nous découvrons cette campagne un peu méridionale et tellement attachante où l'on passe des heures à manger, à discuter, à faire la sieste pendant les moments chauds de la journée, à boire le thé ...