Dernier après midi Nous profitons de notre terrasse, simplement le bonheur de se reposer devant notre paysage, maintenant familier. Mahmoud nous a laissé la chambre. Sylvia doit conduire de nouveaux clients, tant qu’ils ne sont pas encore arrivés, nous pouvons rester. Les valises sont bouclées. Nous pouvons nous doucher et nous sommes encore chez nous. Nous ne verrons pas nos remplaçants, tant mieux !
Vers 15h30 nous descendons dans la salle à manger d’été sur les banquettes à l’ombre. Je commande un dernier kerkadé.
L’école Des voix enfantines ânonnent en chœur. On dirait une école ! Juste derrière nous, derrière le mur de terre qui jouxte l’enclos des chèvres et le wc du restaurant.
Dominique découvre les enfants assis par terre. Seul mobilier scolaire : deux tableaux noirs encastrés dans le torchis.
Des dizaines d’enfants sont arrivés là sans qu’on s’en rende compte. Les deux maîtres en gallabieh claire étonnamment silencieux s’occupent des plus petits. Un groupe de fillettes se tient en face d’un tableau. Couvert d’écriture. L’une d’elle tient une badine et suit le texte, les autres lisent à haute voix. Une autre la remplacera A l’écart les garçons les plus grands sont assis en tailleurs par petits groupes et lisent le Coran, chacun a le sien.
Dans l’encadrement de la porte, les « parents d’élèves »attendent accompagnés d’autres enfants et des femmes de la maison de Mahmoud. Tout le monde suce de la canne à sucre. On m’en offre un tronçon, une femme me l’épluche avec ses dents.
Dominique fait des photos elle distribue des dragées de chewing gum. Si j’étais à la place du maître je ne serais peut être pas ravie de notre intrusion. Les deux instituteurs ne manifestent aucun signe d’agacement. Etrange école, sans table, sans bancs, sans cahiers ni livre. Est ce l’école coranique ? En plus de l’école d’Etat, Est ce l’étude ? Personne ne nous renseigne. Dans les écoles les enfants sont en uniforme, pas ici.