Captain Rabi A 8h15, nous cherchons captain Rabi au débarcadère. Nous ne savons plus très bien où le trouver ni comment s’appelle son bateau. Des felouquiers nous aident à le retrouver. Le chauffeur de taxi de Philae qui nous reconnaît, propose la felouque de son fils. Sur ces entrefaites Rabi arrive et nous fait de grands signes.
Nous passons par de petites îles pour arriver sur la rive occidentale. Nous admirons les hérons que Rabi appelle les ibis.
Méharée A 8h30, nous sommes sur la plage de sable où attendent les chameliers. Le prix est fixe, pas de discussion possible : 25 LE pour une, 35LE pour deux. Dominique refuse toujours de monter sur le dromadaire. Le « chef » hèle un jeune qui traîne un chameau très haut et très maigre. De nombreuses bêtes sont harnachées avec des pompons colorés et un poil épais. Voici qu’on me donne une vieille rossinante !
Il faut trois personnes pour faire coucher la bête récalcitrante et me hisser. Ils prodiguent leurs conseils, se tenir d’abord à l’avant puis à l’arrière, tandis que le chameau se lève en deux temps. Je fais la fière. Ce n’est pas ma première expérience de dromadaire.
Le chamelier tire la longe de toutes ses forces. Quand l’animal semble décidé à avancer, il me tend la corde et passe derrière en tapant doucement sur le flanc. Mais le chameau est une vieille carne têtue, il fait demi tour chaque fois qu’on le lâche. Vers le monastère, je trottine enfin fièrement.
Visite du monastère saint Siméon La visite du monastère Saint Siméon est guidée par un vieux petit bonhomme très sympathique qui agite les manches de sa galabieh comme des ailes d’oiseaux et avance en chantonnant. Il me montre d’abord l’
église assez vaste pour contenir 300 moines. L’iconostase est un mur de pierre percé d’un guichet pour la communion. Le guide mime le communiant, tirant la langue puis il passe de l’autre côté et imite le prêtre. Les fresques sont assez pâlichonnes. Dans une
cellule, il y a un trou où le moine était suspendu par les cheveux pour prier sans s’assoupir. Nous allons voir le
dormitorium et les cellules, toujours voletant des marches et chantonnant. Au fond se trouve la pièce destinée aux hôtes de passage avec des inscriptions en arabe et des étoiles de David. Chacun était accueilli, quelle que soit sa communauté. On peut également voir les cuisines, le moulin, le four … Je le remercie en lui donnant 20 livres, il embrasse le billet puis se touche le cœur et le front.
Démêlés avec les chameliers Au retour je paie les 25 LE convenues au chamelier qui insiste pour avoir un pourboire. J’ajoute 1 livre. Ce n’est pas beaucoup, certes, mais le service n’était pas très satisfaisant. Dominique m’entraîne sur le bord du Nil où elle a repéré une promenade en attendant le retour de Rabi.
Dès que nous quittons la « plage » habitée, nous sommes rejointes par mon chamelier et un acolyte. Ils me montrent un billet de 10 LE, un de 5 et deux d’une livre. Soit disant, je me serais trompée de billets en payant et j’aurais confondu 1 et10 livres. On nous a déjà fait le coup de sa substitution de billets à Istanbul. Nous ne cédons pas. Dominique menace d’aller à la police (pour une fois qu’ils ont une certaine utilité !). Les chameliers ne se démontent « OK, la bolis ! ». Nous leur emboîtons le pas. Dominique raconte notre version à un vieux policier qui nous donne raison « I am the captain ! » Il fait signe de la main aux chameliers de circuler. Notre promenade est bien compromise. Nous avons hâte de quitter les lieux et Rabi qui n’arrive pas !